2009 entrera dans l’histoire comme l’année de la seconde grande crise économique mondiale. Dans son livre sur la crise de 1929, John Kenneth Galbraith disait que le trait singulier de cette catastrophe était que “le pire continua sans cesse de s’aggraver.”
La crise des “subprimes” enclencha une spirale déflationniste, qui ne ravage non seulement le monde de la finance, effaçant au passage en un an plus de 60 % de la capitalisation boursière mondiale. Cette crise des liquidités affecte de plus en plus l’économie réelle. Le terme d’”économie réelle” par opposition au secteur financier est intéressant. Il souligne le caractère virtuel de la plupart des actifs financiers.
Après la débâcle des marchés financiers on assiste au grand retour des Etats. Les sommets se succèdent.
Celui de Washington accoucha surtout d’un impressionnant catalogue d’intentions louables. Avec la clairvoyance rétrospective qui caractérise les grands et petits chefs qui nous gouvernent, des mesures fortes sont préparées pour évaluer les risques “de façon adéquate”, pour empêcher les effets de levier “excessifs”. La supervision doit devenir plus efficace, mais sans étouffer l’innovation.
On applaudit, tout en attendant des précisions sur la “régulation adéquate”, évitant tout “risque excessif”, sans tomber dans la surréglementation.
Le retour des Etats comme régulateurs des marchés doit être salué. Mais le malheur veut que ce soit souvent le retour de l’Etat national égoïste.
Dans un monde plus ouvert qu’en 1929, toute action nationale s’essoufflera rapidement. La récession appelle une action solidaire.
L’Union européenne doit mobiliser toutes ses forces, additionner toutes les ressources budgétaires nationales pour investir prioritairement dans des infrastructures de croissance et soutenir le pouvoir d’achat.
On prête au président Obama l’intention de lancer un programme conjoncturel équivalant à 4 points du PIB américain. Les 27 Etats de l’Union, qui dans leur ensemble sont moins endettés que les Etats-Unis, doivent faire un effort similaire pour sortir l’Europe et le monde d’une crise qui s’annonce pathétique.
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