02|03
2012

Démocratie et développement au Myanmar

Le Myanmar, l’ancienne Birmanie, est gouverné depuis son indépendance par des généraux. De dictature militaire en dictature militaire, le pays s’est enfoncé dans la pauvreté. Chaque tentative de retour vers la démocratie s’est soldée par un nouveau putsch, la dernière fois en 1990, lorsque la fille du père de l’indépendance birman, Aung San, a remporté les élections avec son parti de la ligue nationale pour la démocratie (NLD).

Les généraux ont fait arrêter Aung San Suu Kyi et l’ont placée en résidence surveillée pendant plus de 20 ans. Mais même en Birmanie, pays bouddhiste déchiré par des guerres tribales depuis 60 ans, le printemps arabe semble avoir influé sur la politique. Le nouveau président, bien qu’ancien général, Thein Sein, semble opérer une transition douce vers une démocratisation et libéralisation du régime. Des élections ont été organisées, un parlement est installé, dans lequel les généraux se sont faits réserver 25% des sièges. 6.000 prisonniers politiques ont été remis en liberté. Le parti de Aung San Suu Kyi avait boycotté les élections. Mais il vient d’être autorisé de concourir pour une élection complémentaire, où 48 députés seront élus le 1er avril prochain.

Le charismatique leader du NLD, Suu Kyi, sera candidate. C’est ce que la lauréate du prix Nobel de la Paix et du prix Sakharov a pu annoncer le 29 février à une délégation du Parlement Européen, conduite par Werner Langen, président, et Robert Goebbels, 1er vice-président. Des recours avaient été introduits contre sa candidature. La délégation du Parlement Européen avait plaidé auprès du président Thein Sein et auprès du président de la Commission Electorale Nationale en faveur de Aung San Suu Kyi, qui reste le symbole de l’aspiration démocratique du pays.

Mais il reste beaucoup à faire au Myanmar. Le pays vit dans une affreuse pauvreté, surtout en dehors des grandes villes. Alors que les sanctions économiques n’ont jamais affecté les généraux, qui ont pu bien vivre des ressources de pétrole et de gaz exploitées par des compagnies étrangères, beaucoup d’ouvrières, notamment du secteur textile ont perdus leurs emplois suite aux sanctions imposées par les Etats-Unis et l’Union Européenne. Robert Goebbels plaide pour une levée rapide des sanctions européennes. Sans développement économique la démocratie ne vivra pas. Ou, comme l’a dit Aung San Suu Kyi devant la délégation européenne : “Sans espoir on ne peut pas compter sur la bonne volonté du peuple”.

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