On prête à un président écorné par l’histoire – je parle de Mao Tse Tung – la maxime suivante: “Aussi longtemps qu’on tombe, on n’a pas encore atteint le fond.” L’économie mondiale n’a pas encore atteint le fond. La crise financière joue les prolongations. Un nouveau scandale financier démontre l’incroyable légèreté des banquiers face à la soi-disante innovation financière. Alors que les mêmes banquiers redécouvrent toute leur rigueur sourcilleuse face aux demandes de crédit des entreprises et des consommateurs.
Au fur et à mesure que les Banques Centrales baissent le loyer de l’argent, les banques augmentent leurs marges. Les Etats, qui viennent de renflouer leurs banques, devraient imposer à celles-ci
de répercuter les baisses importantes du taux directeur de la BCE.
Ce serait une mesure de relance, qui ne coûterait rien aux budgets nationaux. Le plan de relance économique adopté par le Conseil européen est insatisfaisant. Mis à part les crédits additionnels de la Banque européenne d’investissement, il n’y a pratiquement pas d’argent supplémentaire.
Les Etats-Unis vont injecter dans leur économie des sommes plus conséquentes. Ils peuvent le faire, parce que le reste du monde continue à leur faire crédit, malgré les déficits abyssaux de l’Etat, des entreprises et des citoyens américains. L’Europe paie très cher l’absence d’une politique macroéconomique véritablement commune. La frilosité de la BCE et des Etats de l’Euro-zone nous empêche de financer une politique de relance économique plus efficace par l’émission d’euro-obligations, garanties par une Union européenne, dont la capacité de financement reste intacte.
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