Face à la récession, les socialistes préconisent une politique solidaire et européenne. Cela ne vaut pas seulement pour le secteur bancaire, cela vaut également pour les autres secteurs économiques, dont le secteur industriel. Nous avons souvent déploré l’absence d’une politique industrielle forte dans l’Union européenne. Il y a des pays, comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne, qui ont largement laissé dépérir leurs industries, en misant essentiellement sur les services. Le résultat n’est pas probant. L’Europe doit se battre pour le maintien d’un tissu industriel large, dont dépendent finalement les PME et les services aux entreprises.
En Europe, le secteur automobile n’est nullement un dinosaure, ni une espèce vouée à la disparition. Je rejoins totalement le Commissaire Verheugen. Nous réalisons le tiers de la production automobile mondiale, même si la production des voitures a décliné dernièrement.
Les voitures produites en Europe doivent devenir plus propres et moins énergivores. Mais nous n’allons pas pouvoir nous passer pour tout avenir prévisible de ce mode de transport individuel incontournable. La meilleure organisation possible des transports collectifs ne réussira jamais à assouvir le besoin de mobilité des humains. L’Union européenne doit définir une réponse commune aux problèmes du secteur.
La réponse ne peut pas être un étranglement du secteur automobile européen. Je ne veux pas du Europe où ne circuleraient que des voitures japonaises, de main chinoise. Je sais que le discours politiquement correct impose de donner la préférence aux emplois dit verts. Une étude récente des Nations Unies estime que le potentiel mondial des emplois verts serait de 3 % de l’emploi global. Ils seront le bienvenu. Toutefois l’arithmétique élémentaire fait conclure que 97% de
l’emploi ne sera pas vert, mais relèvera des secteurs classiques. Raison de plus de nous battre pour le maintien d’un secteur automobile européen qui emploie directement 2 millions et indirectement 10 millions de travailleurs, soit 7 % de l’emploi total européen.
Quand les Etats-Unis, la Chine et le Japon investissent massivement dans des programmes conjoncturels, l’Europe ne peut pas se payer le luxe d’assister sans réaction à la disparition de pans entiers de son industrie.
Ceux qui nous disent qu’il faut laisser faire le marché sont des idéologues naïfs. Sans l’intervention de la main publique, la main invisible chère à Adam Smith préfère le court terme, et détruit des structures indispensables au façonnement de notre avenir commun.
Nous attendons de la Commission un encadrement européen proactif pour maintenir la compétitivité et l’existence même du secteur automobile européen.
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