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	<title>Robert Goebbels &#187; Intervention</title>
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	<description>A travers ce site, je souhaite partager avec vous mon engagement politique et mes ambitions.</description>
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		<title>La transparence sur les marchés de l&#8217;énergie</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Sep 2011 07:32:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Goebbels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Intervention]]></category>
		<category><![CDATA[Marché de l'énergie]]></category>
		<category><![CDATA[UE]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Parlement européen a voté cette semaine un règlement sur l’intégrité et la transparence du marché de gros de l’énergie (REMIT). De nouvelles règles sont destinées à mettre fin aux pratiques abusives sur le marché de l’énergie de gros et à protéger ainsi le consommateur final. Si dessous le discours de Robert Goebbels, rapporteur de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Parlement européen a voté cette semaine un règlement sur l’intégrité et la transparence du marché de gros de l’énergie (REMIT). De nouvelles règles sont destinées à mettre fin aux pratiques abusives sur le marché de l’énergie de gros et à protéger ainsi le consommateur final.</p>
<p>Si dessous le discours de Robert Goebbels, rapporteur de la commission économique et monétaire (ECON<span id="_marker"> )</span></p>
<p>&#8221; <em>Monsieur le Président, soixante secondes pour défendre les intérêts des consommateurs face aux abus du marché de l&#8217;énergie, c&#8217;est peu. Le texte que nous allons voter est un compromis entre les deux branches législatives et, comme d&#8217;habitude, le Conseil a été moins ambitieux que le Parlement européen. On dit souvent que les lobbyistes ont une trop grande influence sur le Parlement européen mais je constate, pour ma part, que les lobbies nationaux semblent dormir dans les ministères.</em></p>
<p><em>J&#8217;avais personnellement plaidé pour la plus grande vigilance face aux tentatives d&#8217;abus de marché et aux délits d&#8217;initié. Je n&#8217;aime pas trop que le texte que nous allons voter accepte – je cite – &#8220;des pratiques de marché admises sur le marché de gros de l&#8217;énergie&#8221;. Certaines pratiques douteuses devraient être éliminées.</em></p>
<p><em>J&#8217;aurais aussi vraiment préféré des sanctions plus musclées, notamment au niveau européen, et non pas uniquement des sanctions &#8220;effectives, proportionnées et dissuasives&#8221;. L&#8217;expérience nous dira si les sanctions, qui resteront nationales, seront suffisantes.</em></p>
<p><em>Je termine, Monsieur le Président, en soulignant que l&#8217;agence ACER nouvellement crée non pas &#8220;devrait être dotée de ressources humaines et financières appropriées&#8221;, comme il est dit dans le texte, mais &#8220;devra être dotée&#8221; de ces mêmes ressources humaines et financières</em>.&#8221;</p>
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		<title>There is a need to regulate, there is a need for transparency</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Jul 2011 14:01:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Goebbels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Intervention]]></category>
		<category><![CDATA[Régulation des marchés]]></category>

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		<description><![CDATA[Lors du débat sur le rapport &#8220;Langen&#8221; sur les produits dérivés négociés de gré à gré, contreparties centrales et référentiels centraux, Robert Goebbels est intervenu: Mr President, in one minute may I just quote from the report of the US Financial Crisis Inquiry Commission on OTC derivatives. &#8220;The biggest financial institutions drove the market and [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lors du débat sur le rapport &#8220;Langen&#8221; sur les produits dérivés négociés de gré à gré, contreparties centrales et référentiels centraux, Robert Goebbels est intervenu:</p>
<p>Mr President, in one minute may I just quote from the report of the US Financial Crisis Inquiry Commission on OTC derivatives.</p>
<p>&#8220;<em>The biggest financial institutions drove the market and over-the-counter derivatives after these instruments were fully deregulated in 2000. In the wake of that action, the market for these derivatives spiralled out of control and out of sight, growing to USD 673 trillion in notional amount by 2008. We concluded that over-the-counter derivatives contributed significantly to the crisis. The report explains the unlimited leverage, the lack of transparency, the lack of capital requirements, and the concentrations of risk that proved so disastrous. It also lays out how credit derivatives fuelled mortgage securitization and amplified losses from the collapse of the housing bubble. After that collapse, derivatives were in the center of the storm. Millions of derivatives of all types between systemically important financial firms were unseen and unknown when the financial system nearly collapsed. The obligations hidden from view added to the market uncertainty and escalated the panic we saw in the fall of 2008, leading to government rescues of financial firms.&#8221;</em></p>
<p>There is a need to regulate there is a need for transparency. We congratulate Werner Langen and we will follow.</p>
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		<title>Renforcer l&#8217;encadrement réglementaire des marchés</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Jul 2011 13:55:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Goebbels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Intervention]]></category>
		<category><![CDATA[CDS]]></category>
		<category><![CDATA[Crise financière]]></category>

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		<description><![CDATA[Robert Goebbels est intervenu lors du débat sur le rapport &#8221;Canfin&#8221; au sujet des ventes à découvert et certains aspects de CDS: &#8221;Monsieur le Président, je suis en total accord avec mes collègues Canfin, Lehne et Ferber car, selon moi, pour éviter une nouvelle crise financière, il faut renforcer l&#8217;encadrement réglementaire des marchés. Il faut notamment interdire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Robert Goebbels est intervenu lors du débat sur le rapport &#8221;Canfin&#8221; au sujet des ventes à découvert et certains aspects de CDS: &#8221;Monsieur le Président, je suis en total accord avec mes collègues Canfin, Lehne et Ferber car, selon moi, pour éviter une nouvelle crise financière, il faut renforcer l&#8217;encadrement réglementaire des marchés.</p>
<p>Il faut notamment interdire toutes les pratiques abusives. Parmi celles-ci, la vente à découvert est particulièrement nuisible. Bear Stearns et Lehman Brothers furent acculés à la faillite par des ventes à découvert des actions de ces deux fleurons du capitalisme de Wall Street.</p>
<p>Les <em>naked CDS</em> sont plus abusifs encore. Warren Buffett les a qualifiés d&#8217;armes de destruction massive. En théorie, un CDS est une assurance contre une possibilité de perte sur un titre financier. Mais les <em>naked CDS</em> offrent la possibilité de s&#8217;assurer contre un risque qu&#8217;on ne détient pas. C&#8217;est de la spéculation toxique et dangereuse pour l&#8217;économie réelle.</p>
<p>Actuellement, certains acteurs des marchés parient sur l&#8217;éclatement de l&#8217;Eurozone et le défaut d&#8217;un État. En achetant des CDS nus sur la dette souveraine de certains États, ils ne font qu&#8217;amplifier la pression spéculatrice contre les États concernés. Il est étrange que certains États – la Grande-Bretagne, l&#8217;Italie, l&#8217;Espagne, la Roumanie et d&#8217;autres – ne veulent pas d&#8217;une interdiction des CDS nus sur la dette souveraine. Ils croient aux sirènes des marchés qui annoncent une plus grande volatilité sur le marché de la dette souveraine en cas d&#8217;interdiction des CDS nus. Que ces gouvernements expliquent à leurs opinions publiques qu&#8217;ils préfèrent se soumettre à la spéculation folle plutôt que de s&#8217;aliéner les sacro-saints marchés financiers.</p>
<p>Wolfgang Münchau, éditorialiste du <em>Financial Times</em>, qui est loin d&#8217;être un gauchiste, écrit ce qui suit: ‘<em>A naked CDS purchase means that you take out insurance on bonds without actually owning them. It is a purely speculative gamble. There is not one social or economic benefit. Even hardened speculators agree on this point. Especially because naked CDSs constitute a large part of all CDS transactions, the case for banning them is about as a strong as that for banning bank robberies.</em></p>
<p><em>&#8220;A universally accepted aspect of insurance regulation is that you can only insure what you actually own. Insurance is not meant as a gamble, but an instrument to allow the buyer to reduce incalculable risks. Not even the most libertarian extremist would accept that you could take out insurance on your neighbour’s house or the life of your boss.</em>&#8221; Therefore it is absolutely necessary that we reach an agreement with the Council, especially on banning naked CDSs.</p>
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		<title>&#8220;Die Europäer sind zu mehr Solidarität verurteilt&#8221;</title>
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		<pubDate>Fri, 06 May 2011 08:31:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Goebbels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Intervention]]></category>
		<category><![CDATA[Crise financière]]></category>
		<category><![CDATA[Euro]]></category>
		<category><![CDATA[Gouvernance économique]]></category>

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		<description><![CDATA[Der luxemburgische sozialistische Europaabgeordnete, Robert Goebbels, nahm letzten Freitag am Seminar &#8220;Europäische Wirtschaftsregierung, Die Rolle des Europäischen Parlaments in den Verhandlungen mit dem Rat und der Kommission&#8221; der Wirtschaftsuniversität Wien teil. In der Finanzwelt, in den Medien wird viel Gezeter über den angeblich unaufhaltbaren Niedergang des Euro veranstaltet, zirkulieren Gerüchte über den bevorstehen Zusammenbruch des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Der luxemburgische sozialistische Europaabgeordnete, Robert Goebbels, nahm letzten Freitag am Seminar &#8220;Europäische Wirtschaftsregierung, Die Rolle des Europäischen Parlaments in den Verhandlungen mit dem Rat und der Kommission&#8221; der Wirtschaftsuniversität Wien teil.</p>
<p>In der Finanzwelt, in den Medien wird viel Gezeter über den angeblich unaufhaltbaren Niedergang des Euro veranstaltet, zirkulieren Gerüchte über den bevorstehen Zusammenbruch des Euro-Raumes. Dabei ist Europa nicht mit einer Währungs-, sondern mit einer Schuldenkrise konfrontiert. Diese ist nicht durch die Aufteilung des Euro-Raums oder die Insolvenz einzelner Euro-Staaten zu lösen.</p>
<p>Seit seiner Einführung wird der Euro von der anglo-amerikanischen Finanzpresse bekämpft, in Deutschland und Österreich als „Teuro“ verunglimpft. Als ob der Schilling die Ereignisse des letzten Jahrzehnts ohne Beulen und ohne Inflation überstanden hätte.</p>
<p>Tatsache ist jedoch, dass seit 2001 die Inflation im Euro-Raum immer niedriger war, als beispielsweise in den USA oder Großbritannien.</p>
<p>Tatsache ist ebenfalls, dass die Kaufkraft des Euro stärker ist als diejenige des Dollars.</p>
<p>Der Euro ist international gut etabliert und gewinnt langsam aber sicher Marktanteile gegenüber dem Dollar als Reservewährung oder bei Obligationsemissionen.</p>
<p>Weil der Euro großen Zuspruch kennt, profitierten besonders die Euro-Länder, welche vorher schwache Währungen hatten, von viel niedrigeren Zinsen für ihre Staatsanleihen. Es ist außer Frage, dass in der Folge einige Länder haushaltspolitisch leichtsinniger wurden. Zudem förderte der starke Euro in einigen Ländern Immobilienblasen.<span id="more-1421"></span></p>
<p>Schuldenmachen ist verführerisch. Selbst Staaten wie Frankreich oder die angeblich so stabilitätsbewusste Bundesrepublik verstießen gegen die im Maastricht-Vertrag festgelegten Obergrenzen für Haushaltsdefizit und Staatsverschuldung.</p>
<p>Es war jedoch die internationale Finanzkrise, welche die Staaten Europas in die Verschuldungsfalle zwang. Überall mussten Banken mit öffentlichen Geldern gerettet werden. Ein Zusammenbruch der Banken hätte die Wirtschaft lahm gelegt, hätte die Sparer in den Ruin getrieben.</p>
<p>Diese Rettungsaktion wurde allgemein akzeptiert. Doch wenn es darum geht, ganze Volkswirtschaften vor dem Ruin zu retten, mehren sich die Kritikaster. Der  belgische Finanzminister Didier Reynders unterstreicht, dass die EU-Staaten 6 bis 7 Mal mehr Geld zur Rettung ihrer Banken aufbrachten, als sie in den europäischen Rettungsmechanismus steckten.</p>
<p>Wenn Europa mit Krediten nunmehr Griechenland, Irland oder Portugal stützt, so geschieht dies hauptsächlich im Interesse der Banken und der Sparer. Wobei unter „Sparern“ all jene Menschen zu verstehen sind, welche ihr Geld einer Bank, einem Pensionsfonds, einem Lebensversicherer oder der Fondsindustrie anvertraut haben. Finanzhaie spekulieren letztlich mit dem Geld ehrbarer Bürger.</p>
<p>Würde Griechenland Konkurs anmelden, kämen deutsche und französische Banken zu Schaden. Bei Irland wären es britische und deutsche Finanzinstitute, bei Portugal müssten Spanier, Franzosen, Deutsche und Briten, Milliarden-Forderungen abschreiben.</p>
<p>Würde ein Land aus dem Euro austreten oder zum Austreten gezwungen, würde dessen neue Währung ins bodenlose abstürzen. Die Bürger Islands bezahlten ihre nationale Bankenkrise mit einer 50prozentigen Abwertung ihrer Krone. Gleichzeitig verdoppelte sich die isländische Inflationsrate von 5,1 auf 12,7 %. Dies bedeutet eine doppelte Verarmung der Isländer.</p>
<p>Der gleiche Unbill würde jedes Euroland ereilen, das sich auf eigene Füße stellen wollte. Zudem müsste es mit einer abgewerteten Währung seines Auslandsschulden bedienen. Was das heißt, erfahren derzeit viele Ungarn, die sich in Schweizer Franken verschuldeten, weil die Zinsen niedriger waren. Das war ein schlechtes Kalkül, weil wegen der Abwertung des Forint die Rückzahlungen sich entsprechend verteuerten.</p>
<p>Die Euro-Kritiker haben vergessen, was Abwertungen bewirken, welche Verarmung von sozial Schwachen der Wertverlust einer rein nationalen Währung bedeutet. Oder welche Belastung die Bezahlung von beispielsweise Erdöl für ein Land ist, dessen Währung gegenüber dem Dollar abfällt. Zur Erinnerung: Der „schwache“ Euro ist zirka 40% höher bewertet als der Dollar, was sich positiv an den europäischen Zapfsäulen auswirkt.</p>
<p>Das einzige Euro-Land, das sich theoretisch einen währungspolitischen Alleingang erlauben könnte, ist die Bundesrepublik. Doch falls die Deutschen ihre geliebte „DM“ wieder einführten, würde diese gegenüber dem verbleibenden Euro, dem Dollar und allen wichtigen Währungen in einem Masse aufgewertet, der den Deutschen zwar überall auf der Welt billige Ferien erlauben, aber die deutsche Exportwirtschaft total abwürgen würde.</p>
<p>Die Europäer sind zu mehr Solidarität verurteilt. Zu einer gemeinsamen Währung gehört eine gemeinsame Wirtschafts- und Finanzpolitik. Es kann weder den Deutschen, noch den Österreichern oder den Luxemburgern abverlangt werden, für die Schulden der Griechen, Irländer oder Portugiesen zu zahlen. Aber die EU muss den in die Bredouille geratenen Staaten helfen, ihre Schulden abzubauen, ohne dass sie in eine tiefe Rezession verfallen. Gerade exportorientierte Staaten haben nichts zu gewinnen, wenn Teile des europäischen Binnenmarktes zusammenbrechen.</p>
<p>Verzeihen Sie mir diese lange Einleitung. Aber die in diesem Seminar debattierten Probleme spielen sich ab vor dem Hintergrund einer weltweiten Finanz- und Wirtschaftskrise, die noch lange nicht beendet ist.</p>
<p>In den 27 EU-Staaten leben 500 Millionen Menschen. Gemeinsam erwirtschaftet die EU das größte regionale Sozialprodukt der Welt. Doch schrumpft der Anteil der Europäer an der Weltbevölkerung. Genau 18 der 193 Mitgliedsstaaten der UNO stellen 75% der globalen Bevölkerung. Darunter befindet sich nur ein europäisches Land: die Bundesrepublik Deutschland.</p>
<p>Die EU-Europäer zählen nur noch im Verbund. Deshalb ist die derzeitige Debatte über die Reform der Währungsunion eine Kernfrage für die Zukunft der EU.</p>
<p>Ziel des &#8220;Euro-Paktes&#8221; ist die Festlegung einer Gesamtstrategie zur Stabilisierung des Euro. Neue Instrumente zur Überwachung der Finanz- und Wirtschaftspolitik der 27 Mitgliedsstaaten sollen zu einer Reform des Stabilitäts- und Wachstumspaktes führen. Der Pakt soll gestärkt werden durch die Einführung neuer Regeln zur Schuldenvermeidung sowie sehr strikten Regeln zur Schuldenreduzierung in allen Mitgliedstaaten.</p>
<p>Die Europäische Kommission soll größere Befugnisse erhalten, um die Staaten der Union auf dem Pfad der stabilitätsorientierten Tugend zu bringen. Vorgesehen sind quasi-automatische Sanktionen gegen Staaten, welche sich zu hohe Defizite leisten und die sogenannten Maastrichtkriterien &#8211; Haushaltsdefizit über 3%, Staatsschulden über 60% des BIP &#8211; nicht einhalten. Um die Staaten anzuhalten, ihre Finanz- und Wirtschaftspolitik im Interesse des globalen makroökonomischen Gleichgewichtes der Union auszurichten, wird ein &#8220;Europäisches Semester&#8221; eingerichtet.</p>
<p>Jedes Jahr soll die Kommission im Januar einen &#8220;Jahreswachstumsbericht&#8221; vorlegen. Dieser wird mit dem Ministerrat diskutiert, wobei alle Staaten ihre finanz-, wirtschafts- und haushaltspolitischen Vorhaben offenlegen sollen. Im März soll ein jährlicher Wirtschafts- und Sozialgipfel politische Leitlinien erstellen. Zwischen April und Mai sollen die Mitgliedsstaaten zur Verabschiedung ihrer nationalen Reformprogramme schreiten, und insbesondere ihre nationalen Stabilitäts- und Konvergenzprogramme beschließen.</p>
<p>Auf Grund dieser nationalen Vorgaben soll die Kommission im Juni Empfehlungen an den Ministerrat richten, der bis Juli Einschätzungen zu den Stabilitäts- und den Konvergenzvorhaben der 27 Staaten geben sowie länderspezifische Empfehlungen beschließen soll.</p>
<p>Geplant ist ebenfalls die Schaffung eines Europäischen Stabilitätsmechanismus, der ab 2013 als permanenter Schutzmechanismus für die Euro-Länder dienen soll. Dieser Europäische Stabilitätsmechanismus (ESM) wird ein nominales Kapitalvolumen von 700 Milliarden € haben, von denen 620 Milliarden als Garantien dienen, davon 500 Milliarden zur effektiven Kreditvergabe zu nutzen wären.</p>
<p>Der ESM löst den temporären Rettungsschirm EFSF (Europäische Finanzstabilisierungsfazilität) ab, mit dem Hilfspakete für Griechenland, Irland und Portugal zwecks Sicherung der Finanzstabilität der Eurozone geschnürt wurden.</p>
<p>Zur Gesamtstrategie der EU gehört eine Reform der Finanzmärkte. Beschlossen sind bereits drei neue europäische Aufsichtsbehörden für Finanzmärkte, Banken sowie Versicherungen. Zwei Dutzend neue Regelwerke sind in Beratung oder in Planung, u.a. eine strengere Regulierung der Banken, ein Fonds für Bankenrestrukturierung, eine bessere Sicherung des Einlagen der Bankkunden, Transparenz und Überwachung von Hedge Funds, Private Equity usw.</p>
<p>Soweit eine &#8211; sehr grobe &#8211; Beschreibung der Reformvorhaben, die zurzeit Gegenstand von Beratungen und Kontroversen zwischen Kommission, Rat und Parlament sind.</p>
<p>Während die allgemeine Ausrichtung der im September 2010 erfolgten Reformvorschläge der Europäischen Kommission wenig strittig ist, wird umso heftiger um die Modalitäten der Reform gefochten.</p>
<p>Staatsrechtlich gesehen ist die Europäische Union ein Unikum. Der Staatenbund hat große Teile der jeweiligen nationalen Souveränitäten an die Organe der Europäischen Union abgegeben. Die EU-Kommission ist demnach keine Regierung im eigentlichen Sinn. Ihre größte Stärke ist ihr Monopol bei der Ausarbeitung der europäischen Gesetzgebung. Nur die Kommission kann Richtlinien oder Verordnungen vorschlagen. Die Mitgliedsstaaten, das Europäische Parlament können Wünsche äußern. Doch müssen diese von der Kommission aufgegriffen und als legislative Vorschläge dem Europäischen Parlament und dem Ministerrat unterbreitet werden. Erst wenn Parlament und Rat sich auf einen gemeinsamen Text geeinigt haben, werden die Kommissionsvorschläge zu europäischer Gesetzgebung. Richtlinien sind in nationales Recht umzusetzen, während Verordnungen eine unionsweite Gesetzeskraft haben.</p>
<p>Zur Reformierung der wirtschaftspolitischen Steuerung der Union hat die Kommission 6 Gesetzesvorschläge entwickelt.</p>
<p>Die Reformvorschläge betreffen den Stabilitäts- und Wachstumspakt, die Überwachung der makroökonomischen Ungleichgewichte, sowie die Gestaltung des haushaltspolitischen Rahmens der Mitgliedsstaaten.</p>
<p>Die wichtigsten Zielsetzungen sind:</p>
<p>-       das Prinzip der vorsichtigen Haushaltspolitik;</p>
<p>-       verbindliche Regeln zum Schuldenabbau;</p>
<p>-       ein neues Sanktionsregime für Euroländer;</p>
<p>-       das Erstellen eines Scoreboards zur Überwachung der makroökonomischen Gleichgewichte;</p>
<p>-       eine bessere Überwachung der Haushaltspolitik aller Mitgliedsstaaten.</p>
<p>Wichtige stabilitätspolitische Reformvorschläge betreffen die nationalen Haushaltspolitiken. Die von den nationalen Parlamenten zu billigenden Budgetgesetze müssen das jährliche Wachstum der Ausgaben nach der Wachstumsprognose des BIP orientieren. Haushalsdefizite sollen sich mittelfristig zwischen maximal -1% des BIP und einem ausgeglichenem Haushalt bewegen, besser noch einem Haushalt mit Überschuss.</p>
<p>Somit soll sichergestellt werden dass die im Maastrichtvertrag festgelegte Neuverschuldungsgrenze von maximal 3% des BIP gewährleistet bleibt.</p>
<p>Staaten, welche ihre Zielvorgaben verfehlen, müssen eine jährliche Anpassung ihres Haushaltes von 0,5% des BIP vornehmen. Um einen Schuldenabbau bis zur Obergrenze von 60% des BIP sicherzustellen, müssen alle Staaten, deren Schulden über diese Obergrenze gestoßen sind, während einer Periode von jeweils 3 Jahren ihr Haushaltsdefizit um mindestens 5% reduzieren. Über einen Zeitraum von maximal 20 Jahren müssten somit alle Staaten auf einen Schuldenstand von unter 60% angelangt sein.</p>
<p>Bevor der Einleitung eines Defizitverfahrens können Kommission und Rat außergewöhnliche Faktoren wie Garantien für den Finanzsektor, das Rentenwesen, oder Ausgaben für internationale Solidarität in Rechnung stellen.</p>
<p>Damit die Eurostaaten sich an die anvisierten Anstrengungen halten, sind empfindliche Sanktionen vorgesehen. Als Präventivmassnahmen müssen die Staaten, welche gegen die Stabilitätsregeln verstoßen, schon bei der Eröffnung eines Defizitverfahrens einen Pfand im Gegenwert von 0,2% der nationalen Wirtschaftsleistung hinterlegen. In einer ersten Phase trägt der Pfand Zinsen, in einer zweiten Phase bleibt er zinslos. Bleibt die notwendige Haushaltskonsolidierung dennoch aus, wird die Einlage in eine Geldbusse umgewandelt, die maximal 0,5% des jeweiligen BIP betragen kann.</p>
<p>Zwischen den Co-Gesetzgebern Parlament und Rat gibt es bei der Beurteilung des Reformpakets wesentliche Differenzen.</p>
<p>Stabilitätsfanatiker bemängeln, dass die Vorbeugungs- und Bestrafungsmechanismen nicht total automatisch funktionieren, sondern dem Rat ein Ermessungsspielraum bleibt. Angeführt wird diese Fraktion von der Europäischen Zentralbank, der deutschen Bundesbank und vielen Konservativen sowie Liberalen. Sozialisten, Sozialdemokraten, Grüne und Linke, sowie Gewerkschaften befürchten dagegen, dass Zukunftsinvestitionen und die Sozialpolitik erste Opfer der rigorosen Sparpolitik werden.</p>
<p>Zur Beratung der 6 Verordnungsvorschläge der Kommission hat der zuständige Wirtschafts- und Währungsausschuss des E.P. 6 Berichterstatter nominiert, von denen 2 aus den Reihen der Europäischen Volkspartei stammen, weiter zwei Liberale, ein britischer Konservativer und ein Sozialist.</p>
<p>Die 6 Berichtserstatter vereinbarten, die 6 wirtschaftspolitischen Steuerungsvorlagen der Kommission &#8220;<em>verantwortungsvoll und mit dem Ziel behandeln, die Schlüssigkeit aller Legislativtexte zu gewährleisten</em>&#8220;.</p>
<p>Es mangelte nicht an interessanten Vorschlägen der Berichtserstatter. So schlug beispielsweise die Sozialistin Elisa Ferreira vor, zur Vermeidung und Korrektur makroökonomischer Gleichgewichte sollte die Kommission ein Scoreboard mit einem angemessenen Katalog von wirtschaftlichen und sozialen Indikatoren erstellen.</p>
<p>Das Verhängen von Geldstrafen sollte sich auf Betrugsfälle beschränken, sowie auf die Verweigerung der Ausführung von vereinbarten Empfehlungen. Wenn jedoch in einem Staat die Unfähigkeit dokumentiert sei, den Zielvorgaben zu folgen, seien Geldstrafen eine kontraproduktive Belastung.</p>
<p>Auch sollten Geldstrafen als Einnahmen des Europäischen Stabilisierungsmechanismus gebucht werden. Die Kommission hat vorgeschlagen, die Geldbussen an die stabilitätskonformen Länder zu verteilen.</p>
<p>Die Liberale Sylvie Goulard will ebenfalls eventuell Geldbussen als Einnahmen für einen &#8220;Europäischen Währungsfonds&#8221; buchen. Frau Goulard plädiert jedoch für strengere Regeln für die Begrenzung der Haushaltsdefizite und des öffentlichen Schuldenstandes.</p>
<p>Da bisher jeder Staat seine Wirtschafts- Fiskal-, Sozial- und Haushaltspolitik ohne Abstimmung mit den 26 anderen Staaten vorgenommen habe, sei die unverbindliche &#8220;Addition der Tugenden&#8221; des derzeitigen Stabilitätspaktes ungenügend gewesen. Zumal die gemeinsamen Regeln bei Bedarf (u.a. auf das Betreiben von Deutschland und Frankreich) verletzt wurden. Vor allem waren die bisherigen Regeln unvollständig, und ignorierten völlig die makroökonomischen Verwerfungen im Privatsektor, wie das übermäßige Ansteigen der privaten Verschuldung und die Bildung von spekulativen Blasen, z.B. im Immobiliensektor.</p>
<p>Die Liberale kritisiert auch, dass bislang kein gemeinsamer Markt für Staatsobligationen entstand, und plädiert für die gemeinsame Emission von Euro-Anleihen, den Euro-Bonds.</p>
<p>Alle Berichterstatter plädierten für die Stärkung der Gemeinschaftsmethode, und kritisierten die zunehmende Tendenz des Europäischen Rates, politische Probleme außerhalb der europäischen Verträge zu lösen, und zunehmend auf intergouvernementale Zusammenarbeit zurückzufallen.</p>
<p>Die EVP-Berichterstatterin Wortmann-Kool setzte sich ein für eine stärkere Einbeziehung des Europäischen Parlamentes bei den Beratungen und Beschlussfassungen während dem jährlichen &#8220;Europäischen Semester&#8221;. Auch sollte eine bessere Abstimmung zwischen der Zielsetzung der zukünftigen wirtschaftspolitischen Steuerung der Währungsunion und der EU-Strategie &#8220;2020&#8243; für Wachstum und Arbeitsplätze erfolgen.</p>
<p>Die vereinbarte Kooperation zwischen den 6 Berichterstattern des Parlaments hielt jedoch der Antragsflut der Abgeordneten nicht stand. Die beratende Ausschüsse für Soziales beziehungsweise für Rechtsfragen, sowie der federführende Ausschuss für Wirtschaft und Währung reichten mehr als 1700 Abänderungsanträge ein. In einer über 4 Stunden dauernden Abstimmungsschlacht im Hauptausschluss wurden die 6 Berichte in abgeänderter Form mit wechselnden Mehrheiten angenommen. Eine rechte Mehrheit aus Christdemokraten, Konservativen und Liberalen setzte sich in den meisten Fällen durch, gegen Sozialisten, Grüne und Linke.</p>
<p>Die Rechten wollen eine möglichst rigide Anwendung von Sanktionen gegen sündige Staaten, und plädieren, die Strafen sogar auf 0,3% des BIP zu erhöhen. Der Ministerrat sollte nur die Möglichkeit haben, sich mit zwei Drittel der Stimmen gegen die von der EU-Kommission vorgeschlagene Sanktionen auszusprechen.</p>
<p>Die Linke plädiert für eine Stabilitätspolitik mit mehr Augenmass. Anstatt dass man sich mechanisch auf Obergrenzen für Neuverschuldung fixiert, sollte die Qualität der Staatsausgaben hinterfragt werden. Wie der Obermann der S&amp;D Fraktion im Wirtschafts- und Währungsausschuss, Udo Bullmann, monierte, ist &#8220;<em>die Wachstumsprognose einer Volkswirtschaft, deren Gelder in überdimensionierten Rüstungsausgaben oder marode Bürokratien versickern, [...] nicht vergleichbar mit der eines Staates, der auf Energieträger und Arbeitsplätze der Zukunft setzt</em>&#8220;.</p>
<p>Auch die österreichische Bundesarbeitskammer plädierte in einer Eingabe an die Mitglieder des Wirtschafts- und Währungsausschusses dafür, nicht auf dem Altar der Stabilitätspolitik die Zukunftsfähigkeit der europäischen Wirtschaftspolitik zu opfern: &#8220;<em>Es ist erstaunlich, dass es gelungen ist, die Finanzkrise nun zu einer Wettbewerbskrise in Kombination mit unverantwortlichen Budgetpolitiken umzudeuten.</em>&#8221;</p>
<p>Nach der Abstimmungsschlacht will die politische Mehrheit im Wirtschafts- und Währungsausschuss nunmehr in informelle Verhandlungen mit Rat und Kommission treten, um &#8211; wenn möglich &#8211; bei entsprechender Kompromissfähigkeit aller Beteiligten im Juni das Reformpaket in ersten und definitiver Lesung zu verabschieden.</p>
<p>Diese Vorgehensweise ist nicht unüblich im Europäischen Parlament. Sie lässt sich vertreten bei sehr technischen Regelwerken. Doch ist dies bei wesentlichen politischen Zukunftsfragen eine demokratisch mehr als fragwürdige Prozedur. Wenn die Mehrheit eines Ausschusses nach Verhandlungen mit Rat und Kommission dem Plenum ein Kompromisspaket vorlegt, welches nur die Möglichkeit zwischen Zustimmung oder Ablehnung lässt, werden die Rechte aller nicht direkt beteiligter Abgeordneten beschnitten.</p>
<p>Im vorliegenden Fall setzt der Wirtschafts- und Währungsausschuss sich selbstherrlich über die Mehrheit im beratenden Sozialausschuss hinweg, welcher z.B. dafür plädierte, dass bei der Festlegung der neuen wirtschaftpolitischen Steuerung die soziale Dimension der Charta der Europäischen Grundrechte zu berücksichtigen sei.</p>
<p>Immerhin steht die Europäische Union vor einer wesentlichen Weichenstellung. Ein Konstruktionsfehler des Vertrages von Maastricht soll korrigiert werden: Das Ungleichgewicht zwischen Währungs- und Wirtschaftspolitik.</p>
<p>Es gibt eine zentrale Steuerung der Währungspolitik durch die Europäische Zentralbank. Deren Unabhängigkeit könnte nur durch eine einstimmig beschlossene Vertragsänderung beschnitten werden, mit Ratifizierung von 27 nationalen Parlamenten und einem Volksentscheid zumindest in Irland.</p>
<p>Doch dieser einheitlichen Währungspolitik steht eine 27faltige Wirtschaftspolitik entgegen.</p>
<p>Die 27 Mitgliedsstatten der Union werden es in absehbarer Zukunft nicht fertig bringen, eine Wirtschaftspolitik aus einem Guss zu schaffen. Zu groß sind die historisch gewachsenen Unterschiede zwischen den Mitgliedsstaaten, den Bevölkerungszahlen, den nationalen Staatsstrukturen, dem jeweiligen Umgang zwischen den Sozialpartnern.</p>
<p>Doch eine Koordinierung der 27 nationalen Wirtschafts-, Finanz- und Fiskalpolitiken ist vonnöten. Dies ergibt keine europäische Wirtschaftsregierung, die in ihren Aktionsmöglichkeiten der Gestaltungskraft des amerikanischen oder selbst der österreichischen Bundesregierung ähneln würde.</p>
<p>Doch die von der Kommission vorgeschlagene Straffung der abgestimmten Koordinierung aller nationalen Wirtschaftspolitiken wäre ein riesiger Fortschritt für Europa.</p>
<p>Sie sind in ihrer Essenz richtig. Doch der politische Streit berührt die Kernfrage aller Politiken:</p>
<p>Kann Wirtschaftspolitik ein Selbstzweck sein?</p>
<p>Genügt es ausgeglichene Haushalte zu haben, einen konstanten Schuldenabbau zu verfolgen?</p>
<p>Gewiss, zu viele Schulden führen in den privaten und gar in den Staatsbankrott.</p>
<p>Doch schuldenfreie Staaten, etwa das Portugal des Herrn Salazar, das Albanien des Herrn Hoxha, das Nordkorea der Kim-Dynastie sind kaum empfehlenswert.</p>
<p>Wirtschaftspolitik ist keine exakte Wissenschaft. Wirtschaft hat eine dienende Funktion, dient der Befriedigung der Bedürfnisse der Menschen.</p>
<p>Statistiken helfen Ungewissheiten zu reduzieren. Dennoch können keine Statistiken die permanente Entwicklung einer Gesellschaft erfassen oder gar vorherbestimmen.</p>
<p>Politik erstellt die Regeln für die Wirtschaft und die Gesellschaft. Regeln sollen eingehalten werden. Doch vor Gericht haben die Richter bei jedem Prozess einen Ermessensspielraum.</p>
<p>Deshalb sollte die Politik auch bei Anwendung der neuen wirtschaftspolitischen Steuerungsinstrumente einen Ermessensspielraum behalten.</p>
<p>Stabilitätspolitik ja, aber das Einhalten einer Obergrenze von 60% des BIP bei der Staatsverschuldung ist keine Garantie für geordnete Verhältnisse in einem Staat. Vor der Krise lag die Staatsschuld in Spanien und in Irland weit unter der 60%-Marke, eine willkürlich und ohne wissenschaftliche Begründung in Maastricht festgelegt Obergrenze.</p>
<p>Spanien und Irland wurden Opfer ihrer Banken. Auch die größte stabilitätspolitische Tugendhaftigkeit der Euro-Staaten wird nicht verhindern können, dass ganze Volkswirtschaften Opfer der internationalen Spekulationswut werden.</p>
<p>Persönlich plädiere ich für eine bessere Koordinierung der europäischen Wirtschaftspolitiken im Interesse der Menschen, aber gleichzeitig für eine strenge Regulierung der Finanzwelt, die für das Gedeihen der realen Wirtschaft unerlässlich ist, aber an kurze Zügel gelegt werden muss.</p>
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		<title>&#8220;Schengen est liberté&#8221;</title>
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		<pubDate>Thu, 05 May 2011 08:10:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Goebbels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Intervention]]></category>
		<category><![CDATA[Accords de Schengen]]></category>
		<category><![CDATA[libre circulation]]></category>

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		<description><![CDATA[Invité la semaine passée à la Représentation Permanente du Luxembourg auprès de l&#8217;Union européenne à Bruxelles, Robert Goebbels a retracé le contexte historique et les étapes qui ont conduit à la signature des accords de Schengen. &#8220;Schengen est le produit du « hasard et de la nécessité », pour emprunter le titre d’un livre important du biologiste Jacques  Monod. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Invité la semaine passée à la Représentation Permanente du Luxembourg auprès de l&#8217;Union européenne à Bruxelles, Robert Goebbels a retracé le contexte historique et les étapes qui ont conduit à la signature des accords de Schengen.<br />
&#8220;<em>Schengen est le produit du « hasard et de la nécessité », pour emprunter le titre d’un livre important du biologiste Jacques  Monod.</em></p>
<p><em>La libre circulation des citoyens était dans l’air du temps des années 80. Au Parlement Européen un député allemand, Dieter Rogala, se promenait toujours muni d’une barrière douanière miniature symboliquement ouverte. Un groupe de députés de tous bords avait créé le « Kangaroo Club », estimant que cet animal des grands espaces australiens devrait montrer aux Européens comment sauter les barrières intérieures.</em></p>
<p><em>Jacques Delors, devenu président de la Commission en 85, élaborait son grand dessein du Marché Intérieur, avec comme idée maîtresse la réalisation des quatre libertés : la libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des travailleurs pour 1992.<span id="more-1419"></span></em></p>
<p><em>Je représentais à l’époque mon pays au Conseil Marché Intérieur. Lorsque Lord Cockfield, le commissaire en charge du dossier, vint  nous présenter le grand plan de la Commission Delors, je fis une remarque désabusée sur l’absence de la libre circulation des citoyens, arguant qu’il vaudrait mieux être en l’Europe de 92 une marchandise, un service ou un capital, plutôt qu’un être humain.</em></p>
<p><em>Jusque là toutes les tentatives pour abolir les contrôles pesants aux frontières avaient échoué. </em></p>
<p><em>Mitterrand et Kohl, lors d’un dîner dans la capitale alsacienne, avaient préconisé d’abolir les contrôles sur le seul pont de l’Europe entre Kehl et  Strasbourg. Rien ne se fit.</em></p>
<p><em>Le président français récidiva lors du sommet de Versailles en 84. Sa proposition de relancer la libre circulation des citoyens à travers l’Europe fut bloquée par « the usual suspects ».</em></p>
<p><em>L’Union Européenne a souvent progressé autour de l’axe franco-allemand. Mais pour bien tourner, l’axe franco-allemand a besoin d’une stimulation extérieure. En l’occurrence ce furent les Premier Ministres du Benelux qui proposèrent à l’Allemagne et la France une initiative commune en vue de l’abolition progressive des contrôles aux frontières intérieures des 5 Etats.</em></p>
<p><em>Pour des raisons de commodité il fut décidé de se rencontrer au secrétariat du Conseil Benelux à Bruxelles.</em></p>
<p><em>Dans les capitales on ne croyait manifestement pas trop au succès de l’opération, puisque tous les Ministres des Affaires Etrangères de l’époque déléguèrent leurs adjoints : les Secrétaires d’Etat Catherine Lalumière pour la France,  Waldemar Schreckenberger pour la République Fédérale, Wim van Eekelen pour les Pays Bas, Paul de Keersmaeker pour la Belgique ainsi que votre serviteur.</em></p>
<p><em>Pourtant les « seconds couteaux » furent efficaces, car en moins de 4 mois un accord était dégagé. La Commission Européenne a l’habitude de réunir sur des sujets difficiles des « Groupes à haut niveau ». Je me permets de suggérer au président Barroso d’utiliser à l’avenir des « Groupes à bas niveau » pour engranger rapidement des résultats.</em></p>
<p><em>Comme le hasard fait bien les choses, le Luxembourg assuma à l’époque la présidence tournante du Benelux. Ce qui fit de moi le président éphémère de cette modeste conférence intergouvernementale et la puissance invitante pour signer l’accord trouvé.</em></p>
<p><em>Schengen s’imposa comme lieu de signature. Dans cette région des trois frontières, celles du Benelux, de l’Allemagne et de la France se rejoignent. Pour renforcer encore le symbolisme, l’accord fut signé à bord d’un bateau ancré dans la Moselle, qui constitue un condominium, un territoire commun aux pays riverains.</em></p>
<p><em>Avant de procéder à la signature, je fis un petit discours que je terminai en soulignant : « Ce que nous allons signer maintenant entrera dans l’histoire comme traité Schengen ».</em></p>
<p><em>Grosse rigolade, mais j’avais vu juste. Même si juridiquement ni l’accord de Schengen, ni la convention de 1990 continuent d’exister, car suite au traité d’Amsterdam de 1997, Schengen s’est fondu dans l’acquis communautaire.</em></p>
<p><em>A vrai dire le premier accord de Schengen avait une portée largement symbolique. L’idée maîtresse était la création d’un disque vert, que les automobilistes étaient invités d’afficher  lors du franchissement d’une frontière afin de signaler aux douaniers qu’ils n’avaient « rien à déclarer ».</em></p>
<p><em>Dans toutes les régions frontalières les citoyens adoptèrent immédiatement la nouvelle facilitée. Beaucoup d’automobilistes collèrent tout simplement le disque vert sur le par brise de leur voiture, signifiant ainsi aux douaniers qu’ils étaient toujours « en règle ». En fait ils avaient ras le bol de cette Europe si tatillonne.</em></p>
<p><em>L’accord autorisait les douaniers à procéder à des « contrôles par  sondage », mais sans arrêter le flux de la circulation. En pratique les douaniers ne se génèrent pas d’arrêter des colonnes entières et de contrôler en priorité les voitures munies d’un disque vert.</em></p>
<p><em>J’avais relevé d’emblée que Schengen était enfant du hasard. Mais ce hasard bien heureux a engendré la nécessité de continuer sur la lancée.</em></p>
<p><em>La réponse positive des citoyens nous encouragea à chercher des solutions plus hardies, également pour abolir les contrôles dans les ports et les aéroports. En préconisant d’abolir les contrôles à  toutes les frontières intérieures des pays partenaires, un vaste chantier s’ouvrait, nous amenant à harmoniser des pans entiers de nos législations.</em></p>
<p><em>Il fallait inventer le droit de poursuite pour les polices nationales traquant un criminel se réfugiant de l’autre côté d’une frontière. Il fallait organiser la coopération transfrontalière entre les polices, ce qui mena au Système d’Information Schengen. Il fallait inventer les couloirs Schengen dans les aéroports. Il fallait créer les bases pour une politique commune en matière de visas, en matière d’immigration et de lutte contre l’immigration clandestine. Il nous fallut 5 ans de négociations pour aboutir à ce qui allait devenir la convention d’application de l’accord de Schengen.</em></p>
<p><em>De nouveau le hasard voulut que cet accord se fasse sous présidence luxembourgeoise du Benelux. J’aurai dû être une nouvelle fois l’hôte pour cette seconde signature. Mais au dernier moment Hans-Dietrich Genscher y mit son veto, car ses juristes du Ministère des Affaires Etrangères craignaient que l’Allemagne, en signant la convention, tire une frontière définitive entre la RFA et la RDA.</em></p>
<p><em>Après quelques aménagements pour tenir compte des objections allemandes, la convention fut enfin signée à Schengen. Mais ayant entretemps changé d’affectation ministérielle, l’honneur revint à mon collègue Georges Wohlfart d’y inviter.</em></p>
<p><em>Schengen reste un symbole fort. Ce fut le premier accord qui visait à faciliter la vie aux citoyens lors d’un passage aux frontières. Schengen, c’est l’Europe au service du Citoyen, c’est en fait la redécouverte de la libre circulation, qui existait sans entraves sur notre continent avant l’invention des États Nations.</em></p>
<p><em>Le désir des humains de circuler aussi librement que possible a fait le succès de Schengen. Nous sommes actuellement 25 Etats représentant 400 millions de citoyens qui sont liés par cet espace  commun. D’autres vont nous rejoindre, en premier lieu la Bulgarie et la Roumanie. L’adhésion de l’Islande, de la Norvège et de la Suisse a fait de l’espace Schengen une Europe ouverte, ne se limitant pas uniquement aux  Etats communautaires.</em></p>
<p><em>D’aucuns regardent d’un œil suspect l’Europe à géométrie variable, l’Europe à deux vitesses.</em></p>
<p><em>Pourtant l’Europe à deux vitesses est aux origines des plus grandes réussites de l’Union, dont bien sûr l’Euro,  Schengen, l’accord de Prüm ou encore la toute nouvelle facilité financière. Ce sont les avant-gardes qui font progresser l’histoire.</em></p>
<p><em>Il y a quelques années j’ai pu visiter la frontière faite de barbelés et de miradors entre la Thaïlande et le Myanmar. Tout d’un coup un des hôtes thaïlandais soupira : We badly need here something like Schengen. Surpris, je lui demandai ce qu’il savait de Schengen. Sa réponse est ma conclusion : Schengen is freedom, Schengen est liberté.</em> &#8221;</p>
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		<title>Intervention de Robert Goebbels dans le cadre du débat sur le rapport annuel 2009 de la BCE</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Nov 2010 13:14:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Goebbels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Intervention]]></category>
		<category><![CDATA[BCE]]></category>
		<category><![CDATA[Crise financière]]></category>
		<category><![CDATA[déficits publics]]></category>
		<category><![CDATA[Fiscalité]]></category>

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		<description><![CDATA[L’Euro connaît des problèmes. Mais quelle devise convertible n’en connaît pas après la crise systémique engendrée par la finance folle ? L’endettement des Etats est un problème grave. Toutefois l’accroissement des déficits publics résulte du sauvetage public de banques privées. En sus il fallait relancer la machine économique. La crise financière s’est rapidement propagée à l’économie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’Euro connaît des problèmes. Mais quelle devise convertible n’en connaît pas après la crise systémique engendrée par la finance folle ?</p>
<p>L’endettement des Etats est un problème grave. Toutefois l’accroissement des déficits publics résulte du sauvetage public de banques privées. En sus il fallait relancer la machine économique. La crise financière s’est rapidement propagée à l’économie réelle, suscitant une forte baisse des activités et un emballement du chômage.</p>
<p>Le monde de la finance folle n’a apparemment pas tiré de leçons de la crise. Les survivants de Wall Street et de la City spéculent  sur les marchés monétaires, vendent à la baisse des CDS qu’ils ne détiennent même pas. Ils font monter les taux des emprunts des Etats suspectés d&#8217;une éventuelle défaillance, en leur imposant indirectement des politiques d’austérité qui rendront leur redressement encore plus difficile.</p>
<p>La solidarité européenne s’organise péniblement, parcimonieusement.</p>
<p>Le sauvetage de la Grèce signifie d’abord le sauvetage de banques françaises, allemandes détenant un important portefeuille de créances grecques. Le soutien à l’Irlande est avant tout un sauvetage de banques britanniques et allemandes, qui pâtiraient profondément d’une défaillance des banques irlandaises.</p>
<p>Le fait que le taux de l’Euro reste volatil n’est pas un indice de faiblesse de la monnaie commune. C’est le reflet de la nervosité des marchés face à une guerre monétaire entre Américains et Chinois. Depuis le début de l’année la Chine n’emprunte plus en dollar, mais en vend.<span id="more-1237"></span></p>
<p>La situation fiscale des Etats Unis est pire que celle de l’Europe. Aux déficits publics fédéraux s’ajoutent d’énormes déficits privés. Sur les 50 Etats de l’Union américaine, 48 ont un budget déficitaire.</p>
<p>M. van Rompuy a parlé d’une lutte de survie de l’Euro. Il a tord. L’Euro, ce &#8220;phare de stabilité&#8221; dont vient de parler M. Trichet, survivra à M. van Rompuy, parce que l’Union, et sa structure porteuse, l’Eurogroupe, sont l’entité économique la plus importante au Monde. </p>
<p>Malgré des problèmes réels, auxquels l’Europe répond dans une valse-hésitation permanente, il faut souligner qu&#8217;au niveau mondial les 27 sont :</p>
<p>- le plus grand exportateur de biens ;</p>
<p>- le plus grand importateur de biens ;</p>
<p>- le plus grand exportateur de services.</p>
<p>Nous disposons du marché intérieur le plus solvable au Monde. Les entreprises européennes exportent d’ailleurs deux fois plus dans le marché intérieur que vers les marchés mondiaux.</p>
<p>L’Union est la première destination pour les investissements directs des pays tiers. Les entreprises de l’Union détiennent le plus grand stock des investissements mondiaux.</p>
<p>Avec 500 millions de citoyens, soit 7 % de la population mondiale, l’Union génère 30% du produit mondial brut. Les Etats-Unis réalisent 25%, le Japon 8% et la Chine 7% du produit mondial.</p>
<p>Notre Union Européenne, qui fournit par ailleurs 55% de l’aide mondiale au développement, pourrait peser bien davantage, si nos dirigeants avaient un peu plus de courage politique, s’ils utilisaient la force de l’Europe, pour imposer à la finance internationale un cadre strict et transparent, et s&#8217;ils travaillaient solidairement à surmonter les problèmes actuels.</p>
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		<title>Débat sur la Directive sur les gestionnaires de fonds d&#8217;investissements alternatifs (AIFM)</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Nov 2010 16:19:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Goebbels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Intervention]]></category>
		<category><![CDATA[AIFM]]></category>
		<category><![CDATA[ECON]]></category>
		<category><![CDATA[Finances]]></category>
		<category><![CDATA[Hedge Funds]]></category>

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		<description><![CDATA[Après l&#8217;éclatement de la crise le Sommet européen, puis le G-20 appelèrent à la régulation de tous les segments du marché financier, dont les Hedge Funds. La Commission a rapidement fait des propositions. Mais un lobbying d&#8217;une rare intensité a suscité des réticences à réguler chez certains décideurs politiques. La Grande-Bretagne s&#8217;est érigée en protecteur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après l&#8217;éclatement de la crise le Sommet européen, puis le G-20 appelèrent à la régulation de tous les segments du marché financier, dont les Hedge Funds.</p>
<p>La Commission a rapidement fait des propositions. Mais un lobbying d&#8217;une rare intensité a suscité des réticences à réguler chez certains décideurs politiques.</p>
<p>La Grande-Bretagne s&#8217;est érigée en protecteur des Hedge funds localisés dans les îles, proches ou lointaines. La France, championne autoproclamée de la régulation internationale, retomba dans son protectionnisme habituel.</p>
<p>Au Parlement, ce furent surtout les libéraux qui tentèrent de s&#8217;opposer à cette législation. Le Groupe de M. Verhofstadt, d&#8217;ordinaire si pro-européen, proposa de rejeter en totalité la proposition de la Commission!</p>
<p>Grâce au rapporteur Jean-Paul Gauzès, grâce à la coalition PPE-S&amp;D-Verts et même GUE au niveau de la Commission ECON, une position majoritaire conséquente fut ficelée.</p>
<p>21 trilogues plus tard, les négociateurs du Parlement aboutirent à une proposition de directive, constituant une avancée notable, surtout à moyen terme.</p>
<p>Car il faudra attendre 2018 pour aboutir à un marché intérieur imposant les mêmes devoirs, les mêmes obligations, mais conférant aussi les mêmes droits à tous les fonds.</p>
<p>La régulation européenne se mettra en place dès 2013. Il y aura une montée en puissance du régulateur européen ESMA, auquel la directive apportera pas moins de 72 pouvoirs d&#8217;intervention et de surveillance.<span id="more-1226"></span></p>
<p>La directive, il faut le souligner, est la première législation européenne s&#8217;imposant au Hedge funds et autre Private equity.</p>
<p>Elle garantira une très grande protection aux investisseurs, non seulement professionnels, mais surtout aux citoyens investissant leur épargne dans des produits financiers. </p>
<p>Il y aura des règles très précises sur la gestion du risque, la gestion des liquidités. Il y aura plus de transparence, plus d&#8217;informations aux investisseurs sur les stratégies suivies par les gestionnaires.</p>
<p>L&#8217;effet de levier sera encadré. Les gestionnaires devront annoncer à l&#8217;avance leurs propres limites pour le recours à l&#8217;endettement avec l&#8217;utilisation d&#8217;un levier. Les régulateurs pourront intervenir en cas de stratégie trop hasardeuse.</p>
<p>La rémunération et les bonus dorés des gestionnaires seront limités et ne pourront pas être encaissés immédiatement dans leur totalité.</p>
<p>La directive imposera plus de transparence aux Private equity funds. Ceux-ci seront le bienvenu pour financer l&#8217;économie réelle. Mais la directive imposera aux fonds vautours de sérieuses limites au dépeçage d&#8217;entreprises. Il y aura une période de deux années, où le capital et certaines réserves de la société rachetée ne pourront pas être distribués aux nouveaux propriétaires. A ce &#8220;lock-in&#8221; s&#8217;ajoutent des consultations du personnel de l&#8217;entreprise et une information de l&#8217;Etat du siège sur la stratégie entrepreneuriale des acquéreurs.</p>
<p>En résumé, la directive est perfectible. Mais les Socialistes et Démocrates y apportent leur adhésion, car elle apportera beaucoup de lumière dans ce trou noir de la finance internationale qu&#8217;étaient jusqu&#8217;ici les fonds alternatifs.</p>
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		<item>
		<title>Débat sur le sommet du G-20 et la réunion du Conseil européen</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Oct 2010 09:00:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Goebbels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Intervention]]></category>
		<category><![CDATA[Conseil européen]]></category>
		<category><![CDATA[Crise]]></category>
		<category><![CDATA[G-20]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;Europe va mal. Le monde ne va pas mieux. Tout à l&#8217;heure, le représentant du Conseil a souligné que la globalisation exige d&#8217;agir au niveau européen et au niveau international. Mais en observant ce qui se passe dans l&#8217;Union européenne, voire au niveau international, force est de constater que ce sont justement des actions concrètes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;Europe va mal. Le monde ne va pas mieux.</p>
<p>Tout à l&#8217;heure, le représentant du Conseil a souligné que la globalisation exige d&#8217;agir au niveau européen et au niveau international.</p>
<p>Mais en observant ce qui se passe dans l&#8217;Union européenne, voire au niveau international, force est de constater que ce sont justement des actions concrètes qui font défaut.</p>
<p>De sommet en sommet, les grands et les moins grands qui prétendent nous gouverner, mettent en scène leurs grands égos, se gargarisent de mots pompeux, alors que la principale conclusion de chaque sommet est de se réunir à nouveau.</p>
<p>D&#8217;ailleurs, la soi-disante &#8220;gouvernance mondiale&#8221; que veut incarner le G-20 n&#8217;a aucun fondement dans le droit international, et fonctionne en dehors du système des Nations Unies.<span id="more-1194"></span></p>
<p>En fait le G-20 s&#8217;est autoproclamé. Il fonctionne sans règles écrites. C&#8217;est un club des pays riches qui se sont entourés de quelques pays dits émergeants, dont des démocraties aussi exemplaires que l&#8217;Arabie-Saoudite.</p>
<p>Martin Schulz vient de citer un extrait d&#8217;une de ces déclarations creuses du G-20. On pourrait faire de même avec les communiqués publiés à l&#8217;issue des sommets européens. Que de promesses, que de paroles vaines jamais suivies d&#8217;effets.</p>
<p>Pour couronner le tout, l&#8217;Europe subit les mini-sommets franco-allemands où cet étrange couple Merkel-Sarkozy prétend nous montrer la voie.</p>
<p>Verhofstadt a évoqué les jeux de casino. Je suis tenté d&#8217;ajouter: Faites vos jeux, rien ne va plus! La Commission et le Parlement européen doivent s&#8217;unir pour sauver la mise européenne, pour préserver la méthode communautaire.</p>
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		<title>Schengen c&#8217;est liberté &#8211; Discours de Robert Goebbels</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Jun 2010 06:09:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Goebbels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Intervention]]></category>
		<category><![CDATA[Accords de Schengen]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>

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		<description><![CDATA[Schengen est le produit du « hasard et de la nécessité », pour emprunter le titre d’un livre important du biologiste Jacques  Monod. La libre circulation des citoyens était dans l’air du temps des années 80. Au Parlement Européen un député allemand, Dieter Rogala, se promenait toujours muni d’une barrière douanière miniature symboliquement ouverte. Un groupe de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Schengen est le produit du « hasard et de la nécessité », pour emprunter le titre d’un livre important du biologiste Jacques  Monod.</p>
<p>La libre circulation des citoyens était dans l’air du temps des années 80. Au Parlement Européen un député allemand, Dieter Rogala, se promenait toujours muni d’une barrière douanière miniature symboliquement ouverte. Un groupe de députés de tous bords avait créé le « Kangourou Club », estimant que cet animal des grands espaces australiens devrait montrer aux Européens comment sauter les barrières intérieures.</p>
<p>Jacques Delors, devenu président de la Commission en 85, élaborait son grand dessein du Marché Intérieur, avec comme idée maîtresse la réalisation des quatre libertés : la libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des travailleurs pour 1992.<span id="more-1081"></span></p>
<p>Je représentais à l’époque mon pays au Conseil Marché Intérieur. Lorsque Lord Cockfield, le commissaire en charge du dossier, vint  nous présenter le grand plan de la Commission Delors, je fis une remarque désabusée sur l’absence de la libre circulation des citoyens, arguant qu’il vaudrait mieux être en l’Europe de 92 une marchandise, un service ou un capital, plutôt qu’un être humain.</p>
<p>Jusque-là toutes les tentatives pour abolir les contrôles pesants aux frontières avaient échoué.</p>
<p>Mitterrand et Kohl, lors d’un dîner dans la capitale alsacienne, avaient préconisé d’abolir les contrôles sur le seul pont de l’Europe entre Kehl et  Strasbourg. Rien ne se fit.</p>
<p>Le président français récidiva lors du sommet de Versailles en 84. Sa proposition de relancer la libre circulation des citoyens à travers l’Europe fut bloqué par « the usual suspects ».</p>
<p>L’Union Européenne a souvent progressé autour de l’axe franco-allemand. Mais pour bien tourner, l’axe franco-allemand a besoin d’une stimulation extérieure. En l’occurrence ce furent les Premier Ministres du Benelux qui proposèrent à l’Allemagne et la France une initiative commune en vue de l’abolition progressive des contrôles aux frontières intérieures des 5 Etats.</p>
<p>Pour des raisons de commodité il fut décidé de se rencontrer au secrétariat du Conseil Benelux à Bruxelles.</p>
<p>Dans le capitales on ne croyait manifestement pas trop au succès de l’opération, puisque tous les Ministres des Affaires Etrangères de l’époque déléguèrent leurs adjoints : les Secrétaires d’Etat Catherine Lalumière pour la France,  Waldemar Schreckenberger pour la République Fédérale, Wim van Eekelen pour les Pays Bas, Paul de Keersmaeker pour la Belgique ainsi que votre serviteur.</p>
<p>Pourtant les « seconds couteaux » furent efficaces, car en moins de 4 mois un accord était dégagé. La Commission Européenne a l’habitude de réunir sur des sujets difficiles des « Groupes à haut niveau ». Je me permets de suggérer au président Barroso d’utiliser à l’avenir des « Groupes à bas niveau » pour engranger rapidement des résultats.</p>
<p>Comme le hasard fait bien les choses, le Luxembourg assuma à l’époque la présidence tournante du Benelux. Ce qui fit de moi le président éphémère de cette modeste conférence intergouvernementale et la puissance invitante pour signer l’accord trouvé.</p>
<p>Schengen s’imposa comme lieu de signature. Dans cette région des trois frontières, celles du Benelux, de l’Allemagne et de la France se rejoignent. Pour renforcer encore le symbolisme, l’accord fut signé à bord d’un bateau ancré dans la Moselle, qui constitue un condominium, un territoire commun aux pays riverains.</p>
<p>Avant de procéder à la signature, je fis un petit discours que je termina en soulignant : « Ce que nous allons signer maintenant entrera dans l’histoire comme traité Schengen ».</p>
<p>Grosse rigolade, mais j’avais vu juste. Même si juridiquement ni l’accord de Schengen, ni la convention de 1990 continuent d’exister, car suite au traité d’Amsterdam de 1997, Schengen s’est fondu dans l’acquis communautaire.</p>
<p>A vrai dire le premier accord de Schengen avait une portée largement symbolique. L’idée maîtresse était la création d’un disque vert, que les automobilistes étaient invités d’afficher  lors du franchissement d’une frontière afin de signaler aux douaniers qu’ils n’avaient « rien à déclarer ».</p>
<p>Dans toutes les régions frontalières les citoyens adoptèrent immédiatement la nouvelle facilitée. Beaucoup d’automobilistes collèrent tout simplement le disque vert sur le par brise de leur voiture, signifiant ainsi aux douaniers qu’ils étaient toujours « en règle ». En fait ils avaient ras le bol de cette Europe si tatillonne.</p>
<p>L’accord autorisait les douaniers à procéder à des « contrôles par  sondage », mais sans arrêter le flux de la circulation. En pratique les douaniers ne se génèrent pas d’arrêter des colonnes entières et de contrôler en priorité les voitures munies d’un disque vert.</p>
<p>J’avais relevé d’emblée que Schengen était enfant du hasard. Mais ce hasard bien heureux a engendré la nécessité de continuer sur la lancée.</p>
<p>La réponse positive des citoyens nous encouragea à chercher des solutions plus hardies, également pour abolir les contrôles dans les ports et les aéroports. En préconisant d’abolir les contrôles à  toutes les frontières intérieures des pays partenaires, un vaste chantier s’ouvrait, nous amenant à harmoniser des pans entiers de nos législations.</p>
<p>Il fallait inventer le droit de poursuite pour les polices nationales traquant un criminel se réfugiant de l’autre côté d’une frontière. Il fallait organiser la coopération transfrontalière entre les polices, ce qui mena au Système d’Information Schengen. Il fallait inventer les couloirs Schengen dans les aéroports. Il fallait créer les bases pour une politique commune en matière de visas, en matière d’immigration et de lutte contre l’immigration clandestine. Il nous fallut 5 ans de négociations pour aboutir à ce qui allait devenir la convention d’application de l’accord de Schengen.</p>
<p>De nouveau le hasard voulut que cet accord se fasse sous présidence luxembourgeoise du Benelux. J’aurai dû être une nouvelle fois l’hôte pour cette seconde signature. Mais au dernier moment Hans-Dietrich Genscher y mit son veto, car ses juristes du Ministère des Affaires Etrangères craignaient que l’Allemagne, en signant la convention, tirerait une frontière définitive entre la RFA et la RDA.</p>
<p>Après quelques aménagements pour tenir compte des objections allemandes, la convention fut enfin signée à Schengen. Mais ayant entretemps changé d’affectation ministérielle, l’honneur revint à mon collègue Georges Wohlfart d’y inviter.</p>
<p>Schengen reste un symbole fort. Ce fut le premier accord qui visait à faciliter la vie aux citoyens lors d’un passage aux frontières. Schengen, c’est l’Europe au service du Citoyen, c’est en fait la redécouverte de la libre circulation, qui existait sans entraves sur notre continent avant l’invention des États Nations.</p>
<p>Le désir des humains de circuler aussi librement que possible a fait le succès de Schengen. Nous sommes actuellement 25 Etats représentant 400 millions de citoyens qui sont liés par cet espace  commun. D’autres vont nous rejoindre, en premier lieu la Bulgarie et la Roumanie. L’adhésion de l’Islande, de la Norvège et de la Suisse a fait de l’espace Schengen une Europe ouverte, ne se limitant pas uniquement aux  Etats communautaires.</p>
<p>D’aucuns regardent d’un œil suspect l’Europe à géométrie variable, l’Europe à deux vitesses.</p>
<p>Pourtant l’Europe à deux vitesses est aux origines des plus grandes réussites de l’Union, dont bien sûr l’Euro,  Schengen, l’accord de Prüm ou encore la toute nouvelle facilité financière. Ce sont les avant-gardes qui font progresser l’histoire.</p>
<p>Il y a quelques années j’ai pu visiter la frontière faite de barbelés et de miradors entre la Thaïlande et le Myanmar. Tout d’un coup  un des hôtes thaïlandais soupira : We badly need here something like Schengen. Surpris, je lui demandai ce qu’il savait de Schengen. Sa réponse est ma conclusion : Schengen is freedom, Schengen est liberté.</p>
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		<title>Débat sur les perturbations du trafic aérien en Europe</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Apr 2010 10:08:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Goebbels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communiqué de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Intervention]]></category>
		<category><![CDATA[trafic aérien]]></category>
		<category><![CDATA[UE]]></category>
		<category><![CDATA[volcan]]></category>

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		<description><![CDATA[Le principe d&#8217;irresponsabilité Le principe de précaution est devenu le principe d&#8217;irresponsabilité. Face au moindre risque, le principe de précaution est devenu une invitation à l&#8217;abandon de toute responsabilité. Plus aucun soi-disant responsable n&#8217;ose assumer sa responsabilité. Une possibilité de pandémie de grippe, et hop, des milliards de personnes sont invitées à se faire vacciner. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>Le principe d&#8217;irresponsabilité</h3>
<p>Le principe de précaution est devenu le principe d&#8217;irresponsabilité.</p>
<p>Face au moindre risque, le principe de précaution est devenu une invitation à l&#8217;abandon de toute responsabilité. Plus aucun soi-disant responsable n&#8217;ose assumer sa responsabilité. Une possibilité de pandémie de grippe, et hop, des milliards de personnes sont invitées à se faire vacciner.</p>
<p>Un volcan qui explose, et hop, tout l&#8217;espace aérien européen est fermé, même si l&#8217;expérience a prouvé que les cendres volcaniques ne sont réellement dangereuses pour les avions devant traverser un nuage compact.</p>
<p>Mais principe de précaution oblige, nos sociétés subissent la démission des responsables, la lâcheté des experts, et l&#8217;impuissance de la politique, qui se limite à parloter sur la nécessité de réduire notre trop grande dépendance des transports aériens, et d&#8217;investir davantage dans les réseaux ferroviaires, probablement en les prolongeant jusqu&#8217;en Asie, aux Amériques, vers l&#8217;Afrique, l&#8217;Océanie et vers toutes les îles!</p>
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		<title>Débat sur la situation des pays de la zone euro en difficulté</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Feb 2010 17:06:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Goebbels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Intervention]]></category>
		<category><![CDATA[Crise]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Euro]]></category>
		<category><![CDATA[Finances]]></category>
		<category><![CDATA[Grèce]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec cette attaque en règle de quelques banques internationales contre l’euro, le monde est de nouveau confronté à la bêtise et la cupidité des marchés. Il est vrai que les anglo-saxons n’ont jamais été favorables à l’euro. Celui-ci est néanmoins devenu la monnaie la plus sûre au monde. En fait le dollar et l’euro forment [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avec cette attaque en règle de quelques banques internationales contre l’euro, le monde est de nouveau confronté à la bêtise et la cupidité des marchés.</p>
<p>Il est vrai que les anglo-saxons n’ont jamais été favorables à l’euro. Celui-ci est néanmoins devenu la monnaie la plus sûre au monde. En fait le dollar et l’euro forment un duopole.</p>
<p>Un duopole restera toujours instable. Il y aura toujours des mouvements entre les deux devises.<span id="more-674"></span></p>
<p>Mais si les marchés étaient tant soi peu intelligents, ils devraient enregistrer que les déficits de  l’ensemble de la zone euro sont largement inférieurs à ceux des Etats-Unis ou encore du Japon.</p>
<p>S’il est vrai que le nouveau gouvernement grec a hérité d’une situation budgétaire peu enviable, il est évident que même une faillite impossible de la Grèce ne ferait pas éclater la zone euro.</p>
<p>Le gouvernement américain vient de proposer un budget accusant un déficit de 1600 milliards de dollars. Pour combler ses déficits, Washington doit emprunter chaque jour plus de 5 milliards de dollars.</p>
<p>L’endettement annuel supplémentaire de la Grèce équivaut à moins d’une semaine d’endettement supplémentaire des Américains.</p>
<p>Qui met en danger la stabilité financière du monde, la Grèce ou les Etats-Unis ?</p>
<p>Face à la bêtise des spéculateurs, l’Europe doit imposer plus de transparence et plus de régulation effective aux marchés, décidément trop cupides.</p>
<p style="text-align: right;">(Intervention de Robert Goebbels en plénière)</p>
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		<title>&#8220;Global Foreign Policy Today, an unconventional approach&#8221; by Dr. Jacques F. Poos</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Feb 2010 10:33:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Goebbels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Intervention]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Jacques Poos]]></category>
		<category><![CDATA[LSAP]]></category>

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		<description><![CDATA[A few weeks before Christmas, a German magazine published its front page under the heading &#8220;The lost decade&#8221;. This look back in anguish inspired many television shows of the final days of December 2009. Indeed, blazes of wars, not lightnings of hope, characterized the first ten years of the New Millennium. Irrational decisions, self inflicted [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A few weeks before Christmas, a German magazine published its front page under the heading &#8220;The lost decade&#8221;. This look back in anguish inspired many television shows of the final days of December 2009. Indeed, blazes of wars, not lightnings of hope, characterized the first ten years of the New Millennium. Irrational decisions, self inflicted mistakes and lies left their imprint on the past ten years, most probably the worst period of mankind since World War II.</p>
<p>My humble purpose of today is to analyze the reasons why foreign policy jumped out of the rails, and to attempt drawing lessons for the future.<span id="more-700"></span></p>
<p>Let me stress right from inception, that the election of Barak Obama, the first black President of the United States, would never have been possible, in the absence of the fundamental rejection of past errors by the American voters and the deep frustration visible across the world. The Nobel Price to the American President was not a surprise. It came as a reward and as an encouragement to change. Globalization had just made its way through mountains of war garbadge.</p>
<p>As tools of my critical flash back to the disasters of the recent past, please allow me to use two opposite notions: conventional and unconventional wisdom, notions which I borrow from the American Economist John Kenneth Galbraight. Prof. Galbraight defines conventional wisdom as general knowledge and general interpretation of facts spread by a big majority of news-media. Source of the &#8220;knowledge&#8221; might be governmental services or news-agencies relying on official sources. The repetition of the same &#8220;information&#8221; day after day by various media, newspapers, radios, television channels and through speeches of government officials, up to the Heads of State or Government, creates among the public a feeling of certitude. Truth becomes unquestionable. After a not too long period of time, almost everybody believes in &#8220;conventional wisdom&#8221; and starts to spread it personally during family-breakfast small talk, or in offices and cafés.</p>
<p>&#8220;Unconventional wisdom&#8221;, the opposite arguments of the general theory, is pushed to the side-lines. Having generally little impact on the press, the believers in unconventional wisdom have difficulties to voice their concerns. Sometimes they are disqualified as bad patriots, or even as traitors.</p>
<p>To what extend could conventional wisdom be at the very origin of the most recent conflicts?</p>
<p>Even if we lack of a sufficient historical delay  (recul historique) , it might be possible today to disclose what went wrong, and what is needed to redress the mistakes of the past and to embark on a more promising paths for humanity.</p>
<p>After the fateful errors to invade Afghanistan and Iraq and to consider with a benign neglect the ongoing conflict between Israel, the Palestinians, Lebanon and Syria, time is ripe for change.</p>
<p>Global foreign policy today is a policy of mutual respect. Nations and people around the world should govern themselves according to their own rules. As long as they do not threaten the sovereignty of neighbors and respect their borders, they must be protected against military interventions.</p>
<p>Not every member country of the United Nations will be ruled by democratic standards, but reforms and regime change can only come from within…People, especially young people, have the capacity to react against a stolen election, and bloody crackdowns will shatter the establishment.</p>
<p>Should an intervention from outside try to intervene in that process, people would soon rally behind the leaders and the reform movement would be halted. Far from being a new strategy, what I just described, is no more and no less than an appeal in favor of the strict application of a Document, banning unilateral military actions: the Charter of the United Nations.</p>
<p>Thinking forward:</p>
<p>What is likely to happen after the full redeployment of the foreign occupation troops?</p>
<p>In Afghanistan an Islamic regime will take over. The Pashtoun-regime will not lean back on a strong central power. The regional, as well as the local, satraps, drugs- or warlords, will carve out their territory, exactly as they did for hundreds of years.</p>
<p>In Iraq, the Shiite majority will stick to the political power, despite of ongoing, possibly violent, disputes with the Sunnite and Kurdish minorities. A delicate balance of power could finally emerge, as the dust of war settles.</p>
<p>In Iran, then, intellectual circles, students, merchants… will try to reform the system from within, always subject to setbacks and to severe repressions from the clerical establishment.</p>
<p>Democratic structures close to European standards, human rights, freedom of press, gender equality, a.s.o., will exist nowhere in the region, most probably for more than a generation.  Also bombings by illuminated fanatics will not cease the day after the last foreign soldier has been flown out.</p>
<p>The picture after the wars will resemble the picture before the wars, hundreds of thousands of deaths making the difference, not mentioning the financial costs: 160 bn $ for the running year, just for the US alone!</p>
<p>The unwanted western “presence” did not change the realities, neither in the Hindukush, nor in Mesopotamia, nor around the Shatt-El-Arab.</p>
<p>Looking backward:</p>
<p>The administration of former U.S. President George W. Bush is a striking example of the misfits of conventional wisdom, almost a school-case.</p>
<p>The terrorist attack of 10.11.2001 sent a shock-wave across America and the world. Obviously this strike could not remain unanswered. But the conventional answer, a &#8220;crusade&#8221; or &#8220;war&#8221; against terrorism or against &#8220;the axes of evil&#8221; was the wrong one. The spectacular, live-consuming coup, landed by a handful of extremists, was indeed an utterly planned terrorist action. It was not an act of war, as propagated without delay by the official propaganda.</p>
<p> These unilateral interpretations of the facts lead to a series of errors. What was needed was not a preventive war, but a preventive policy, meaning contra-terrorist measures by the secret services and an effective protection of airports, transportation means and communications.</p>
<p>Strengthening the security, sharing intelligence, for instance, improving the international anti-terrorist action by existing bodies, like INTERPOL, could have been accomplished at a considerably lower human and financial cost and with greater operational success. For example, the Nigerian terrorist, who attempted to blow up the Amsterdam-Detroit flight on last Christmas day, revealed another systemic failure of the secret services. Not the fact that he spent some time in a Yemen-camp is relevant. This man was on the list of suspects, his own father had expressed concern about his dangerous behavior, and yet he detained a multiple- entrance visa of the United States. Strengthening security, not attacking another Arab country, such as Yemen or Pakistan, with drones and cruise missiles, will tame Islamic terrorism. Constantly moving the military target all around the Muslim world can only scatter nests of anti-western uproar and create new ones elsevere.</p>
<p>Instead of a logical reaction, an irrational behavior of  George W. Bush and his European followers, some of them I would not hesitate to qualify as poodles, lead to military adventures and to a &#8220;state of emergency&#8221; (Ausnahmezustand) lasting until now.</p>
<p>Since the 11<sup>th</sup> September 2001 we were drawn by the Bush-Administration into a worldwide state of emergency. On the 26<sup>th</sup> October 2001 the American President released his &#8220;Patriot Act&#8221; which eclipses the Universal Declaration of Human Rights, the international laws against torture and the Conventions of Geneva. In September 2002 the Pentagon, under the leadership of Mr. Rumsfeld, without consulting with NATO -allies, published its new national security strategy, which proclaimed the right of the United States &#8220;to act alone, if necessary to exert the right of auto defense, in preventive action.&#8221; The 7<sup>th</sup> March of the same year M. Bush declared, that in the need to act, we do not need the permission of anybody…</p>
<p>So, by a unilateral presidential decree, both the Charter of the United Nations and the NATO-Treaty- a, purely defensive alliance-, were thrown into the waste-bin. Whereas most of the world leaders remained silent, America celebrated arrogantly the comeback of the Clausewitz principle which suggests that war is only the continuation of politics by other means. Lessons drawn by the winners of World War II, after 4000 years of bloody confrontations, were simply wiped out.</p>
<p>Of course, the E.U. is co-responsible for this historic blindness. Conventional thinking and the ever paralyzing rule of unanimity voting in foreign policy matters prevented an outcry against this most regrettable U-turn. Only a few responsible voices, such as Chris Patten, Commissioner for foreign affairs, stood up in a speech to the European Parliament (12.3.2003) and said that democracy cannot be exported at the gun points and that, up to now, intergovernmentalism had only produced mediocrity and weakness.</p>
<p>A striking example of mediocrity and weakness was the invasion of Iraq. The attack occurred in March 2003, after months of drum-beats and war mongering.</p>
<p>Conventional wisdom, sent out by leading media, forcefully spread two certainties – which, as we know today, happened to be lies:</p>
<p> -   first,  that Iraq’s dictator Saddam Hussein detained weapons of mass destruction, threatening the western civilization,</p>
<p>-    second,  that the same “enemy” was linked to &#8220;Al Qaeda&#8221;, the evil network, which planned the terrorist attack of September 11<sup>th</sup>.</p>
<p>After Afghanistan, suddenly Iraq was projected into the frontline, as the biggest factory of terrorism of the world… Let me bed, that tomorrow it will be Iran!</p>
<p>The summit of conventional misleading, or political manipulation, was British PM Blair’s astonishing announcement, that Saddam had the capacity to launch an attack (allegedly with WMD) on Britain, within 45 minutes.  A simple phone call to the “International Institute for Strategic Studies”(IISS), located in London could have taught Mr. Blair that not a single country in the Middle East had any vehicle or missile with the capacity to deliver a WMD, or any other weapon, to British territory.</p>
<p>Fair enough: an inquiry is in process in the U.K. about Mr. Blair’s role during this crucial period.</p>
<p>At the moment his declaration was made, it was already too late to stop the war-machine build up in the Persian Gulf. The military logic had swallowed political thinking.</p>
<p>After weeks of heavy bombing and shelling, ground forces invaded Iraqi territory, heading to Bagdad. The declared official aim of the war-looking after WMD and toppling Saddam Hussein-   changed as the offensive proceeded. Bringing about a regime change and installing a democratic system, were added to the official list. Unofficial war aims, such as acquiring control over the oil-fields, and, last but not least, eliminating a potential enemy of Israel, were pushed aside. They never had the chance to reach the headlines. Conventional wisdom does barely allow dissenting views.</p>
<p>Please allow me now to go back in history almost 19 years: It is the 27. February 1991. The first Gulf war, led by George Bush sr., has come to an end and Kuwait is free.</p>
<p>Decisive arguments, not to go to Bagdad, “finish the job” and topple Saddam Hussein, were put to paper by the main actors of Kuwait’s liberation, President George Bush sr. and his Security Adviser Brent Scowcroft, on one side, and Secretary of State James Baker III, on the other side. Their respective books, or  &#8221;Memoirs&#8221;: &#8221; A World Transformed&#8221; (1998) and &#8220;The Politics of Diplomacy&#8221; (1997), drew the lessons of the Gulf war and articulated in a quite comprehensive manner the conventional wisdom of the last decade of the 20<sup>th</sup> century: The theory of non intervention in foreign countries internal affairs.</p>
<p> &#8221;Trying to eliminate Saddam,&#8221; writes George Bush, the father,&#8221; extending the ground war into an occupation of Iraq would have violated our guideline…and would have incurred incalculable human and political costs…We would have been forced to occupy Bagdad, and in effect, rule Iraq &#8220;, and finally &#8220;had we gone to the invasion route, The United States could conceivably still be an occupying power in a bitterly hostile land. It would have been a dramatically different &#8211; and perhaps barren- outcome.&#8221;</p>
<p>In even clearer terms, Secretary of State James Baker confesses, that ending the war just after the liberation of Kuwait was a quite controversial issue in the United States. He qualifies as nonsense the insistence of the hardliners to continue the offensive all the way to Bagdad. It would have been ridiculous from a practical standpoint. &#8220;More to the point, Iraqi soldiers and civilians could be expected to resist an enemy seizure of their country with a ferocity not previously demonstrated on the battlefields of Kuwait. Even if Saddam were captured and his regime toppled, American forces would still be confronted with the specter of a military occupation with indefinite duration to pacify the country and sustain a new government in power. The ensuing urban warfare would merely result in more casualties of American GI’s than the war itself, thus creating a political firestorm at home, criticism from many of our allies, and the dissolution of the coalition.&#8221;</p>
<p>A masterpiece of political diplomacy!</p>
<p>Apparently George W. Bush did not read his father’s book. Right in 1991, wrong in 2002 and in 2003 ? The lessons why the invasions of Afghanistan and of Iraq never should have happened were swept under the carpet. No wonder, that today the specter of occupation is haunting the American people, as well as the people of those who followed suit.</p>
<p>An unpopular war cannot be won. On the contrary it will be lost, not necessarily on the battlefields, but &#8211; like in Vietnam &#8211; in front of the television screens of ordinary people.</p>
<p>Significantly &#8211; contrarily to some of its political leaders &#8211; European public opinion was, and still is, opposed to the military adventure launched by the former American President.</p>
<p> This is confirmed by older and more recent polls. One remarkable example: A survey conducted by the non suspect German Marshall Fund in September 2007 found out that 77% of European citizens disapproved the American President. Same in the USA: A poll realized in November 2009 by the CNN-Research Corporation, soon after the &#8220;surge&#8221; decided by President Obama, showed that the Afghan war remains unpopular. A majority of 55% of the Americans oppose the war. One fourth of the samples favored the war as it began, but oppose it now.</p>
<p>A very significant poll was initiated in November 2003 by &#8220;Eurobarometer&#8221;, a polling institute financed by the European Commission. A representative number of citizens of the EU-Member Countries were asked to pick, out of a dozen of countries, those they consider to be the most dangerous for world peace. Emerging at the first ranks of this poll were Israel and the United States! The uproar was great among the &#8220;winners&#8221; and the Commission’s President Romano Prodi felt compelled to apologize. The apologies may have been politically correct, but not indispensable. After all this was Bush’s America and Sharon’s Israel. One might be curious how the result would be today? But let us guess that this disturbing question will never be repeated again in the EU. It was, in fact, repeated in Turkey, an American ally for 60 years, three years later (2006), where in a poll, 74% of the respondents said they saw America as the biggest threat to world peace.</p>
<p>Back to basics!</p>
<p>The conflict between Israel and its Arab neighbors is the catalyst of all the wars in the greater Middle East. It has to be solved- I would say trenched as the Gordian Knot- in order to bring peace to the region and start the process of reconciliation between the West and the Muslim World. All the conflicts, from Pakistan to Israel, from Iran to Yemen are inextricably and globally linked. They cry for a global solution.</p>
<p>Decades of double standards, the ever increasing repression of the Palestinian people, massacres of civilians during the ongoing military offensives,  Sabra, Chatila, Canaa in Lebanon, Jenin, Gaza…have swollen the tide of humiliation in the whole Arab world. The degree of hatred against the West and all its symbols probably never has been greater since the crusades of the 11<sup>th</sup> Century.</p>
<p>In his Cairo-speech to the Arab countries (June 2009), President Obama clearly recognized the reality that the Israeli-Palestinian conflict is in the center of all the conflicts in the Middle East. He stressed that the basis of a solution is the recognition of the borders of 1967. Obama addressed an appeal to all, including Hamas, to negotiate a lasting peace.</p>
<p>Almost seven month has passed and not the slightest movement can be perceived. The road to peace is blocked by 40 years of bloodshed and of occupation, mountains of paper scraps, violations of signed commitments: &#8220;During the history of the Israeli-Arab conflict,&#8221; writes the publisher of the newspaper &#8220;Yediot Aharanot&#8221;,&#8221; not a single agreement has ever been implemented. The publication killed the implementation.&#8221;</p>
<p>Time has come to scrutinize the profound reasons of these repetitive failures, pointed by the Oslo-agreements, the Madrid-conference (imposed 1992 by George Bush sr. as a direct consequence of the Gulf war), the Taba peace talks, the Camp- David Accord (July 2000), the roadmap of the Quartet (2003)… I forget roads and maps. As soon as issued the good intentions were torpedoed by spirals of violence, triggered, either by suicide attacks of Palestinian extremists, or by Israeli military raids against Palestinian towns, two intifadas, and four calamitous wars launched by Israel into Lebanon and into Gaza.</p>
<p>To understand the reason of the present deadlock and the very end of bilateral contacts I need not mention the closure of territories, the extra-judicial killings, the road blocks, the construction of the “apartheid wall” biting deep into the West Bank, and, last but not least, the never ending building of settlements and the cancerous land grasp. The underlying strategy behind all this is to kill the egg-cell of a viable Palestinian State.</p>
<p>In the meantime, the spiral of death turned at an increasing speed. A masterpiece of contra- productive (re)actionism was the murder of Sheik Yassine, a paraplegic old man nailed on his wheel-chair. Yassine was the spiritual guide of the Hamas. The death sentence, ordered by Sharon, was carried out the 22.3.2004 by an Israeli attack-helicopter, regardless to &#8220;collateral damages&#8221;. Hamas’ influence among the Palestinian population grew ever since, and consequently, it won the elections in January 2006.</p>
<p>Trying to interpret these stubborn facts and to find Arianna’s garn out of the labyrinth, I must, again, revert to conventional and unconventional thinking.</p>
<p>According to conventional thinking, the State of Israel is the &#8220;only democracy&#8221; in the Middle East. This tiny country, a western outpost, almost our cousin (Alain Gresh), in a hostile environment, is surrounded by enemies, superior in number, some of them being ready to wipe it out from the map. This myth, solid as a rock, is firmly anchored in the minds of a majority of Americans and Europeans.</p>
<p>It is fitting to such a self-portrait that Security (with capital &#8220;S&#8221;) is the essential, if not the unique, point of policy. The &#8220;right to defend itself&#8221; enjoys the absolute top of priorities. It can never be questioned, neither at home, or abroad.</p>
<p>All other principles, such as the respect of international and humanitarian law, the respect of the resolutions of the UN-Security Council, the respect of the decisions of the International Court of Justice, are ruled out as irrelevant.</p>
<p>Priority to security includes the right of first strike (banned by the UN-Charta), the use of disproportional force and of forbidden weapons, collective punishments, the recourse to human shields, the destruction of civil infrastructure such as schools, hospitals, roads, water and sewage facilities, chicken-farms (as done in Lebanon), greenhouses, UN-offices (as done in Gaza), olive trees, and, of course private houses, inhabited or not. Whatever the military define as target is a military target. Every person killed is an enemy combatant. Body counts may be allowed, or not, at a later stage. Civilians, women, children killed, injured or deeply traumatized by the death of a loved one, or by the destruction of their habitations, are, in military terms, collateral damages.</p>
<p>The victims have no right to appeal and no right of compensation. The occupation forces enjoy total impunity.</p>
<p>Critical statements against this kind of warfare – like the Goldstone Report on the latest aggression against Gaza – are dismissed as biased long before publication in the press and wiped off the table: How can anyone dare to charge with &#8220;war-crimes&#8221; and &#8220;crimes against humanity&#8221; the &#8220;most moral army of the world&#8221;? Causa finita!  The Report of the Judge Goldstone, committed to by the UN-Secretary General himself, was approved by a significant majority of the General Assembly of the United-Nations. But the Israeli Government knows how to elude its implementation. In bypassing UN-Resolutions it can lean back on a long experience.</p>
<p>The crux of Israel is that it is the only country in the world which does not recognize its own borders, those which are internationally agreed. Its school-children are given national maps showing the country within biblical borders, which existed 2000 years ago, before the invasion of the Romans: the Promised Land between the Jordan River and the Mediterranean Sea. Included inside this map are the illegally annexed territories, East Jerusalem, and the Syrian Golan. Today more than 500.000 Jewish settlers occupy roughly one third of the West Bank, the rest of this territory being cut into pieces: military territory on one side, Palestinian Bantustans at the other. To make the two-State-solution merely impossible, Israel’s Constitution leaves to a national referendum any retrocession of illegally annexed territories.</p>
<p>This raises a question of logic, and again, of double standards: Can we urge Hamas to recognize Israel, as long as Israel does not recognize itself?</p>
<p>Hard to imagine, how negotiations with the entrenched, handcuffed and partly imprisoned Arab enemy could lead out of this deep, self-built, bunker?</p>
<p> Anyway, the method of &#8220;negotiations&#8221; followed up to now has completely failed.&#8221;Direct negotiations between parties is a worn out paradigm&#8221;, writes the former Israeli FM Shlomo Ben Ami (1.2.10), &#8220;when left to their own devices, they are bound to come to a deadlock.&#8221;</p>
<p>In order to complete the picture, other unconventional positions inside Israel and inside the USA should not be ignored. The peace camp has a weak voice. But it is not entirely silent. The minority views expressed time and again in the newspaper &#8220;Haaretz&#8221; and in the &#8220;International Herald Tribune&#8221; are courageous deviations from the official line. For instance Avraham Burg, former President of the Knesset (&#8220;The Zionist Revolution is dead&#8221;), Uri Avnery critical journalist, Jonathan Peled, survivor of the Holocaust and Ilan Pappé, historian, who wrote a book about &#8220;The Ethnic Cleansing of Palestine&#8221; and many others… throw their counterweight into the uneven balance.</p>
<p>A very important document for a just peace, which could serve as reference during the final Peace negotiations, is the Geneva-initiative. It was signed the 1.12.2003 in Geneva by the Israeli Jossi Beilin, former Minister of Justice, and the Palestinian MP Abdel Rabbo, Member of the Fatah. This shining piece of forward thinking in an environment of death tackles and settles not only the problem of the borders, but also the problem of Jerusalem and the right to return of the Palestinian refugees, recognized by the UN.</p>
<p>As a significant curiosity, I would like to mention the hardliner Ehud Olmert’s political testament, immediately  (dis)qualified as poisonous gift by an Israeli all party consensus:&#8221;We have to pull out,&#8221; writes Olmert, &#8220;of almost all the territories, including the West Bank, including East Jerusalem, including the Golan Heights.&#8221;</p>
<p>Certainly, this amazing confession of a PM on leave was in the news. But not a single leader of a Western country paid him attention or gave him applause. The day after, the Israeli press was covered again by headlines on terrorism, Hamas, Hezbollah and Amadinedjad.</p>
<p>As suggested by Michel Rocard, former French PM, &#8220;Israel had a surplus of sympathy due to the Shoa. It could do what nobody else could do. This is over now. Israel has to admit that it belongs to the international community and that it must abide by its rules&#8221;.</p>
<p> It would bring European foreign policy a great step forward, I must stress this here in Berlin, if Chancellor Merkel came to the same conclusion.</p>
<p>Ladies and Gentlemen,</p>
<p>I have been involved in the Middle East conflict in my capacity as FM and as President of the Council in 1985, 1991 and 1997. Today I remain an independent critical observer of the facts on the ground and of the news they generate on either side. Please allow me therefore to declare, and I weigh my words, that all the leaders succeeding the Government of Itchak Rabin, the PM assassinated by the Israeli hawk Ygal Amir in 1995, just try to stick to the status quo. Sticking to the status quo means, consolidating the territorial conquest and annexations and expanding the colonization. They pay peace a lip service, but remain fundamentally unwilling to make the slightest territorial concession, unwilling to dismantle a single settlement in the West Bank, unwilling to return to the borders of 1967.</p>
<p>Every observer of average intelligence, except those who adhere to extremist views, should have understood, at least by 2010: Peace in the Middle East means, no less, no more, than the end of the occupation. And, opposite:  Continuing the occupation means endless war!</p>
<p>Time for action is now.</p>
<p> Time also to get tough!</p>
<p>President Obama, having successfully accomplished his domestic job – the health care reform – hopefully, I must add, after the Massachusetts election, has his hands free to dismantle the mountain of mistrust in the Middle East, guided, as he is, by a global, long term approach.&#8221;With no breakthrough in the Arab-Israeli conflict&#8221;, insists Minister Ben Ami, &#8220;Obama is left with the epicenter of the Middle East maladies seriously undermining his entire strategy in the region&#8221;.</p>
<p>The Cairo-speech draws the outlines of a global solution. President Obama, and his advisers, must be conscious by now that the acting right- wing Netanyahu-Lieberman Government will not move an inch towards a just and lasting peace.</p>
<p>Without giving lessons, let me just try to imagine, how he could proceed.</p>
<p>An International Peace Conference should be convened at short notice in a symbolic Mediterranean town, why not in Istanbul, cultural capital 2010?  Invited should be all the parties involved into the conflict &#8211; without exception… explicitly: including Fatah and Hamas &#8211; Israel and its neighbors, the UN, the EU and Russia. (Bracket: How to justify the ban on Hamas, while in Afghanistan, a dialogue with the Taliban is part of the new exit-strategy?).  Every party invited to the Peace Conference will immediately accept. Israel will loudly object, but, most probably, will finally be present, exactly as this was the case at the Madrid Conference, conveyed by President Bush, sr., after the first Gulf war. Israel will weigh the consequences of an agreement “in absentia”.</p>
<p> Can President Obama do that?  Yes he can.</p>
<p>The timing for a peace conference is most urgent, because a &#8220;de facto&#8221; cease-fire is in place between Israel, the Fatah and the Hamas, precondition which is lacking in Afghanistan between the allied forces and the Taliban.</p>
<p>The agenda of this International Peace Conference, the Conference of last Chance, is to be set up by the Host. Drawing lessons from the past, it should by no mean embark on another interim-solution or transitory agreement. It should, on the contrary, draw straight away the outline of the final stage and set a strict and binding time-table for the redeployment of the Israeli occupation forces and of the settlers, as well for the dismantling of the apartheid wall, as ordered by the International Court of Justice.</p>
<p>The new map of the Middle East will have &#8211; must have &#8211; two focal points:</p>
<p> - on one side Israel, within its secured borders of 1967; corrections of the border remaining possible through mutually agreed land- swaps, according to the international rule of  1 to 1, or 10 to 10;</p>
<p>- on the other side the Palestinian State, with sovereignty over the entire West Bank and Gaza, and its air space, the problem of  Jerusalem and the problem of the refugees being resolved according to the Geneva-initiative.</p>
<p>The Palestinian State would be recognized without delay by The United Nations and would of course enjoy the protection of every sovereign nation. The return to legality and to normality, could, if necessary, be accompanied by financial and military aid from the participants to the Conference. As a parallel move, the Arab Countries should officially recognize Israel, as they pledged to do, during their Beirut Summit in March 2002.</p>
<p>Not to be naïve, I must confess, that this big  &#8221;land for peace&#8221; deal will not be easy. It will be obstructed by the infuriated radicalized settlers, by the way heavily armed, on one side, and the military establishment, on the other side. In peace time the political-military complex will lose its pivotal dominant position it holds in the society, this since the creation of Israel. But I believe that the Americans have ways and means to remove the stumbling blocks these two interest groups will throw on the road to peace.  </p>
<p>Mutual recognition and reconciliation will have unexpected economic benefits. Goods and services, and gradually people, all but weapons, could circulate freely in the entire region, region which, since ancient times, is known for the intellectual skill, the commercial spirit and the compelling initiative of all its inhabitants. Especially Israel would not be harmed by the transition from an economy of war to an economy of peace, and most important, it would be fully integrated into the Euro-Mediterranean economic space.</p>
<p>Finally, the problem of Iran should be addressed separately but in parallel to the International Peace Conference, also on the basis of the stretched hand of President Obama.</p>
<p>Be it right or wrong, the political power in Iran rests with the Ayatollah-regime, whose political arm (or puppet) today is Amadinedjad. Waiting for a regime change is not an option. The necessary political contacts have to be initiated now by the American President. A hardening of the western positions would dry out the green shoots of political evolution in Iran, whereas a normalization of our relations would favor them.</p>
<p>Ladies and Gentlemen,</p>
<p>After Iran had kept a neutral stand during the first Gulf war, the European Troika of Foreign Ministers (Luxembourg, Italy, and Netherlands) paid a visit to Teheran, in spring 1991. Acting President was Ayatollah Rafsanjani and Foreign Minister Ali Akbar Velayati.</p>
<p>After a few hours of critical dialogue, it became obvious to the European Ministers, that this important country, in terms of population and in terms of land mass, was impatient to recover its position as regional power, it always held in the Persian Gulf and in the Middle East. It complained severely about the sanctions imposed on it by the late Carter-administration and it affirmed again and again its peaceful intentions:  &#8220;At the difference of Israel and the United States&#8221;, stressed the Foreign Minister, &#8220;Iran, never in its history, invaded any neighbor&#8221;.</p>
<p>It was perfectly clear to me: Persians, like Greeks, like Turks -to remain on the same regional parallel- are proud nations, conscious of their historical background and of their rich cultural heritage. Neither of these countries would kneel down under thread.</p>
<p>19 years later, apart the name of the President, the same parameters stay in place around the Persian Gulf: The only substantial change is the nuclear dispute.</p>
<p>According to the conventional wisdom spread on the media front-pages today, Iran is secretly building a nuclear military capacity, threatening the whole region, if not the whole world. Panic -like reactions regularly appear in the Israeli press, where Amadinedjad is portrayed as a new Hitler, or as Israel’s Ben Laden. Appeals advocating a preventive strike are frequent. &#8220;It is 1938 and Iran is Germany&#8221;, Mr. Netanyahu stressed, already in 2006. A threefold mystification: We are not in 1938, Iran is not Germany and we are not in Munich! The explosive capacity of this verbal escalation should not be ignored by any world leader.</p>
<p>On the other hand, the IAEA, based in Vienna, has so far not confirmed that Iran is likely to proceed with the fabrication of nuclear fuel able to be used as a weapon, also it complains about restricted access to the uranium enrichment facilities. As underlined in a special report on Iran dated 6<sup>th</sup> May 2006, (published by &#8220;The Economist&#8221;),&#8221; it will be several years before the country has enough of the stuff to power a reactor, and between five and ten, in the opinion of America’s director of national intelligence, before it could make a bomb. Clearly Iran is some way from being a nuclear country&#8221;.</p>
<p>Sufficient time is left for diplomacy.</p>
<p>Personally, I consider &#8211; even if I am conscious that this view might not be shared by everybody -that floating incertitude about Iran’s nuclear intentions is a deliberate strategy of the Ayatollah-regime. Its intention is to focus on Iran the attention of the rest of the World. Who would even take notice of the sanctions imposed to Iran during the 1980ies, and strengthened since, if it did not play with nuclear fears? Similarly, who would care about poverty-stricken North Korea, also hit by sanctions going back as far as the war between the two Coreas, if it did not wave the nuclear flag?</p>
<p>We are here at the interconnection of three disciplines: economy (= the sanctions), politics (= the increasing pressure) and psychology (“ I behave provocotavly until somebody cares about me ”). In such a situation, it seems obvious that adding more sanctions will be useless. On the contrary, this strategy could trigger an escalation leading straightly to a military intervention. </p>
<p>Fortunately an alternative exists. I will call it to mind in a moment.</p>
<p>Anyhow, Iranians, like anyone else, do not ignore that there &#8220;is no successful use of nuclear capacities &#8220;, (Robert McNamara) and that &#8220;collective suicide is not a rational option&#8221; (François Mitterrand).</p>
<p>A military attack, or preventive strike, using conventional weapons, launched by Israel against Iran, would not immediately initiate a collective suicide, but, most certainly, would trigger a massive retaliation and an economic disaster. The closure of the Strait of Ormuz for oil-shipping would send the oil-price through the roof of Dubai’s highest tower, the tallest in the world. This would mean a death blow to world economic recovery.  Exactly for that reason, the Chief Editor of &#8220;Die Wirtschaftswoche&#8221; opines that reasonable forces will prevent this lethal attack from happening. He, quite rightly, stresses the invisible interdisciplinary link between policy and economy.</p>
<p>But how to prevent an ignition by unreasonable forces, in the name of the all embracing &#8220;Security&#8221;?</p>
<p>At this point of the story, appears in the limelight Barak Obama’s pledge for a nuclear-free world.</p>
<p>While it is understood that the five permanent members of the UN-Security Council, which detain thousands of nuclear warheads, have to do their home job, why not start by putting an end to any nuclear temptation in the most explosive region of the World?  Why not start right now a serious round for a nuke-free Middle- East? Let me recall that Iran has signed the NPT, whereas Israel has not. Concerning sanctions, the double standard glares in fluorescent red color!</p>
<p>Supposing that Israel possesses 200 nuclear warheads, Obama’s insisting demand appears as obvious: Iran should accept a strict control of the AIEA of its civil enrichment facilities and Israel should dismantle its existing military nuclear capacities, also under AIEA control. As an alternative, one could imagine that Israel’s capacities are locked- in with an American key.</p>
<p>In a peaceful environment of a State of Israel, recognized by its Arab neighbors, an Iran reintegrated into the regional economy, and the world-wide nuclear disarmament making progress, the ambition to posses the nuclear bomb will recede. Mutual interdependence would make nuclear armament an unaffordable temptation.</p>
<p>To sum up:  Concerning Iran, President Obama holds two powerful tokens in his hands, the process of normalization and the process of denuclearization. No Iranian leader, or cleric, would resist to such an offer for too long!</p>
<p>As I am approaching the end of my lecture on &#8220;Global Foreign Policy today, an unconventional approach&#8221;, and though I have not consciously crossed the white line of international law,</p>
<p>I do have to apologize:</p>
<p>-  first, to those among the audience who found my approach subjective, because  too much colored by personal souvenirs,</p>
<p>- second, to those who noticed, quite rightly, that my reflections constitute a non-conservative, non-American and, off course, non- authorized, interpretation of President Obama’s promise of change,</p>
<p>- finally, to the entire audience, for having delivered, with a few weeks of delay, a kind of Christmas-dream.</p>
<p>Thank you.</p>
<p style="text-align: right;">Speech by Dr. Jacques F. Poos at &#8220;The Berlin International Economics Congress&#8221; on February 7th 2010</p>
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		<title>La prévention des catastrophes naturelles</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Nov 2009 14:22:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Goebbels</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nous vivons dans un monde dangereux. En permanence notre atmosphère est déchirée par des décharges électriques, des éclairs qui accompagnent les quelques 50.000 orages qui s’abattent chaque jour sur notre planète. Ces tempêtes, souvent accompagnées de pluies torrentielles, créent des inondations, qui renforcent l’érosion des sols, provoquent des glissements de terrains et des dévastations d’habitations. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous vivons dans un monde dangereux. En permanence notre atmosphère est déchirée par des décharges électriques, des éclairs qui accompagnent les quelques 50.000 orages qui s’abattent chaque jour sur notre planète. Ces tempêtes, souvent accompagnées de pluies torrentielles, créent des inondations, qui renforcent l’érosion des sols, provoquent des glissements de terrains et des dévastations d’habitations. Notamment ces dernières sont le plus souvent le résultat d’une urbanisation irréfléchie, voire illégale.</p>
<p>L’explosion démographique a fait qu’en un siècle et demi, l’humanité est passée d’un milliard d’hommes et de femmes à quelques 6,5 milliards de nos jours et probablement à 9 milliards en 2050. Cette progression démographique est la cause principale de la pression accrue sur notre environnement naturel et sur les ressources de la terre.<span id="more-198"></span></p>
<p>Les catastrophes naturelles qui, il y a quelques dizaines d’années encore, se passaient généralement dans l’anonymat, sont aujourd’hui médiatisées. Chaque inondation, chaque feu de forêt, est transmis pratiquement en direct par CNN et une presse avide de sensations fortes. Cette confrontation médiatique permanente aux misères humaines suscite parfois des élans de solidarité et de générosité, mais renforce surtout un sentiment d’insécurité globale. Cela vaut également pour les tremblements de terre, les tsunamis et autres catastrophes naturelles, qui n’ont rien à voir  avec le changement climatique.</p>
<p>Notre globe est travaillé en permanence par la tectonique des plaques et les activités volcaniques. Chaque année on compte quelques 100.000 secousses sismiques, dont une centaine ont des conséquences sérieuses, détruisant villes et villages.</p>
<p>L’humanité n’échappera jamais aux catastrophes naturelles, aux tremblements de terre, aux éruptions volcaniques, aux tsunamis, aux tornades et orages violents. Nous pouvons prévenir en évitant l’urbanisation dans des zones à risques, construire des bâtiments résistant aux secousses sismiques. Nous pouvons établir des systèmes d’alertes contre tsunamis et éruptions volcaniques. Nous pouvons mieux organiser les secours, développer une solidarité plus active avec les victimes de catastrophes naturelles. Mais nous devons accepter que nous n’allons pas pouvoir éviter toutes les catastrophes naturelles, que nous vivons sur une planète qui est caractérisée par une évolution permanente et qu’il est aussi vain que présomptueux que de vouloir dominer notre environnement naturel.</p>
<p><em>Intervention lors de la session de l&#8217;Assemblée parlementaire ACP-UE.</em></p>
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		<title>La finance globalisée restera-t-elle ingouvernable?</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Sep 2009 13:31:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Goebbels</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tout comme 1929, l’année 2009 restera dans l’histoire comme symbole de la folie spéculatrice des hommes. Même si l’histoire ne se répète jamais tout à fait, les mêmes causes produisent à répétition les mêmes effets. Toutes les crises économiques ont comme cause ultime les mouvements de la psychologie collective des humains : Un excès d’optimisme crédule [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Tout comme 1929, l’année 2009 restera dans l’histoire comme symbole de la folie spéculatrice des hommes. Même si l’histoire ne se répète jamais tout à fait, les mêmes causes produisent à répétition les mêmes effets.</p>
<p>Toutes les crises économiques ont comme cause ultime les mouvements de la psychologie collective des humains : Un excès d’optimisme crédule se transforme inexorablement en un excès de pessimisme ravageur qui engendre finalement une panique généralisée.</p>
<p>Les humains aiment croire ensemble aux mêmes illusions. Dans un univers à avenir toujours incertain, il semble rationnel d’imiter le comportement de ces acteurs du marché, qui connaissent la réussite. Mais l’addition de comportements individuels prétendument rationnels aboutit souvent à un comportement collectif irrationnel. <span id="more-166"></span></p>
<p>Selon John Kenneth Galbraight la croyance que « réussite économique et intelligence vont de paire » reste une des causes principales des crises financières récurrentes.</p>
<p>Depuis la folie spéculative autour des « bulbes de tulipes » qui agita les Provinces Unies du 17<sup>e</sup> siècle, le monde développé fut régulièrement secoué de crises financières. Selon le Fonds Monétaire International (FMI) le dernier quart du 20<sup>e</sup> siècle fut  ponctué de quelque 120 crises monétaires, celles-ci étant définies comme une dépréciation de plus de 25 % d’une monnaie sur un an.</p>
<p>Je n’ai pas l’ambition de résumer l’ensemble de ces crises. Mais jetons un regard sur la crise partie il y un peu plus d’une décennie –historiquement parlant hier soir – d’Asie, pour affecter en août-septembre 1998 le monde entier.</p>
<p>Après des mois de crises à répétition sur les principaux  marchés asiatiques, la décision des autorités de Moscou d’imposer un moratoire sur le paiement de la dette russe enclencha un début de panique sur les marchés internationaux, dont le Brésil fut la première victime.</p>
<p>Le naufrage du fonds  « Long Term Capital Management » (LTCM), fortement engagé sur le marché russe, faillit engendrer une réaction en chaîne néfaste pour l’économie mondiale. La déconfiture de LTCM fut évitée de justesse par l’inorthodoxie de la Federal Reserve de New York, qui organisa le renflouement de ce fonds spéculatif par 12 grandes banques.</p>
<p>La marge fut étroite. Pendant quelques semaines la finance globalisée balança sur le fil du rasoir.</p>
<p>Echaudé, le G7 décidait la création du « Forum sur la stabilité monétaire ». Les colloques sur la nécessité d’une nouvelle architecture financière internationale se multiplièrent. Mais, pour paraphraser Jean-Paul Sartre, l’enfer des finances est pavé de bonnes intentions.</p>
<p>Quant on relit aujourd’hui les conclusions du Forum sur la stabilité monétaire, il faut saluer la clairvoyance des auteurs de ce rapport soumis en 2001. Ne pouvant pas citer toutes les recommandations,  relevons simplement : « the Working Group believes that improved supervisory and regulatory oversight of credit providers of all kinds is an important ingredient in helping to ensure that sound practices are persued and maintained ».</p>
<p>En insistant que les intervenants de « toute sorte » sur les marchés financiers soient mieux régulés, le Forum visait à côté des banques, assurances et autres intermédiaires financier, directement toute l’industrie des fonds, dont spécialement les  « major hedge fonds ». Le Forum proposa ainsi la création d’un registre international de crédits pour toutes les entités opérant avec un levier important de crédits.</p>
<p>Faut-il souligner que les recommandations du Forum de Stabilité Financière restèrent lettre morte ? Le monde financier réussit à travers un lobbying effréné d’empêcher toute action régulatrice sérieuse des législateurs des principaux pays de la planète « Finances ».</p>
<p>La presse financière internationale, dominée par les médias anglo-saxons, avait de toute façon trouvé les responsables des crises asiatique, russe et sud-américaine : les « crony capitalists » avec leurs opérations financières intransparentes et un système bancaire à la solde de ces capitalistes de connivence. Ceux-ci avaient pourtant si bien appris la leçon véhiculée à travers le soi-disant « consensus de Washington ».</p>
<p>Joseph Stiglitz émit un jugement plus nuancé : « Allegations of crony capitalismus, lack of transparency, and faulty banking systems in the borrowing countries served to direct attention both away from foreign creditors, who may have failed to undertake due diligence in making their loans, and away from those who had strongly encouraged East Asia to undertake rapid capital and Financial market liberalization. »</p>
<p>L’endettement à court terme en dollars pour financer à long terme en monnaie nationale des projets souvent risqués, fut la gâchette déclenchant la crise asiatique.</p>
<p>Le fait que celle-ci se propagea à des pays, qui, comme la Russie et le Brésil, n’avaient que peu de liens commerciaux et financiers avec les pays d’Asie les plus affectés, démontre que la finance internationale était réellement devenue globale. Quand une crise éclate quelque part, elle devient rapidement pandémique. L’excès d’optimisme ayant mené à une crise dans un pays donné suscite immédiatement une méfiance généralisée affectant dans un effet de domino tous les marchés financiers.</p>
<p>Pourtant le pessimisme le plus contagieux finit toujours par s’essouffler. La peur s’estompe et les moutons survivants de la finance internationale se tournent avidement vers de nouveaux pâturages réputés définitivement plus prometteurs.</p>
<p>La crise asiatique passa aux oubliettes, sauf pour les populations des pays concernés, qui continuent à en vivre les conséquences économiques et les soubresauts politiques.</p>
<p>Les milieux économiques des pays riches s’étaient découverts un nouvel Eldorado, la promesse d’une croissance illimitée grâce à la révolution numérique. Le « dot.com-boom », à peine entaché par la peur du nouveau Millénaire, fut célébré comme un « changement de paradigme ».</p>
<p>On s’arracha en Bourse les émissions d’actions de sociétés qui n’avaient jamais fait un dollar de bénéfices, mais qui promirent de faire de la révolution de l’internet et de l’ « e-economy » le «perpeteum mobile » du rendement.</p>
<p>Comme toute bulle spéculative la « dot.com-economy », après avoir hissé les principales bourses vers des sommets vertigineux,  se retrouva soudainement confronté à plus de vendeurs que d’acheteurs. L’effondrement logique des cours mettait a nu les constructions hasardeuses de certaines entreprises vedettes, qui, aidés de réviseurs d’entreprises plus que complaisants, avaient accumulés les bénéfices fictifs grâce à des opérations relevant d’une ingénierie financière aussi imaginative que criminelle.</p>
<p>D’Enron en passant par Worldcom et autres Global Crossing jusqu’à Parmalat, le « Crony Capitalism » n’était plus thaïlandais, indonésien ou coréen, mais bel et bien européen et surtout américain.</p>
<p>La seule Enron avait établi en son sein une pyramide de quelque 3.000 entités spécifiques –soit une société écran par tranche de 7 employés &#8211; pour transformer ses déficits réels en bénéfices mirobolants. Toute cette activité frauduleuse était destinée à enthousiasmer les boursicoteurs, permettant ainsi aux dirigeants d’Enron de s’octroyer des bonus mirifiques d’un total de 1,1 milliards de $.</p>
<p>Quand on sait qu’Enron réussit à devenir une des sociétés les plus adulés en Bourse tout en ne payant pas d’impôts à Washington pour 4 exercices sur 5, l’on est en droit de douter non seulement des réviseurs d’entreprises, mais également des fameux analystes financiers et des agences de notation qui font la pluie et le beau temps sur les marchés financiers.</p>
<p>La crise de l’ «e-economy », renforcée par les suites politiques et économiques des attentats du 11 septembre 2001, la guerre en Afghanistan, et surtout celle en Irak, jetaient paradoxalement les bases pour la crise actuelle.</p>
<p>Devant la menace de récession les Banques Centrales, à commencer par la Federal Reserve d’Alan Greenspan, pratiquèrent une politique monétaire accommodante.</p>
<p>En même temps l’administration Bush, pour s’attirer les bonnes grâces des classes moyennes et populaires, encouragea une politique d’argent facile ayant comme objectif non seulement l’accès à la propriété des ménages américains, mais de favoriser également leur boulimie consommatrice.</p>
<p>De nouveau tout le système fut bâti sur la croyance béate dans la possibilité d’une croissance infinie.</p>
<p>La multiplication des injections d’argent opérés suite au 11 septembre par les banques centrales dans les circuits bancaires afin d’éviter un « credit crunch » mena à des liquidités surabondantes. Le crédit devint d’autant plus facile, parce que peu cher en raison de l’abaissement concomitant  des taux directeurs.</p>
<p>Dans la foulée toute une industrie se développa aux Etats Unis pour inciter les Américains à s’endetter à outrance. Des officines spécialisées démarchèrent les citoyens solvables et ceux qui ne l’étaient pas, pour leur vendre des crédits à répétition, avec comme seules garanties des hypothèques sur la valeur croissante du parc immobilier.</p>
<p>Suite à cette politique d’accès à la propriété encouragée par les pouvoirs publics, le marché immobilier s’est emballé. Le prix moyen pour une maison unifamiliale était monté de 160 % de 1990 à 2005, soit une croissance annuelle moyenne de 10 %. Mais la frénésie immobilière ne s’arrêta pas. Rien qu’au seul mois d’août 2005 plus de 7 millions de transactions immobilières furent enregistrées. La même année le prix moyen des maisons grimpa de 16 %.</p>
<p>Le tout fut financé par des emprunts hypothécaires, qui pour la seule année 2005 dépassèrent 600 milliards de dollars. A titre de comparaison, ces 600 milliards de $ étaient l’équivalent de 6 budgets annuels de l’Union Européenne de l’époque !</p>
<p>Cette manne apparemment inépuisable de crédits ne servit pas seulement à financer l’accès au logement. Ceux qui étaient déjà propriétaires se virent offrir de nouveaux crédits hypothécaires calculés sur base de la valeur marchande théorique de leurs biens immobiliers afin de s’adonner aux joies de la consommation.</p>
<p>Notons au passage que cette politique fit des Américains les champions du monde de la consommation, creusant ainsi les déficits de la balance commerciale américaine. L’épargne privée devenait rapidement négative, les dettes privées s’additionnaient aux dettes publiques en rapide expansion. Fin 2007 la somme des  dettes publique et privé équivalait à 3 fois le PIB américain. A la veille de la crise de 1929 ce ratio correspondait à 2 fois le PIB de l’époque. Pour se financer les Etats Unis doivent absorber près de trois quarts de l’épargne mondiale. La seule dette publique dépasse les 13.000 milliards de $, auxquels s’ajoutent 1.000 milliards de $ tous les 15 mois. Une telle situation est à l’évidence insoutenable à moyen terme et finira par une dévaluation continue du dollar.</p>
<p>Il ne fallait pas être Prix Nobel d’Economie pour réaliser que la pratique américaine des hypothèques à répétition était basée sur le seul espoir d’un marché immobilier en croissance infinie. Un marché où, par définition, on trouverait toujours plus d’acheteurs capables de débourser chaque année davantage pour acquérir un logement et servir leurs dettes sans défaillances.</p>
<p>Néanmoins tout fut fait pour entretenir l’illusion d’une croissance infinie. A ceux qui ne pouvaient manifestement pas payer la mensualité requise pour honorer leurs dettes, les banques et leurs agents recruteurs proposèrent ce qu’on appelle maintenant la bombe à neutrons en matière de crédits hypothécaires, les « option ajustables rate mortgages ». Ces emprunts à taux ajustables menèrent par la suite des millions d’Américains à la faillite personnelle.</p>
<p>Prenons un exemple concret. Mr Smith souscrit à un emprunt dont le remboursement nécessiterait en principe une mensualité de 2.000 $. Or les revenus de Mr Smith sont trop modestes pour honorer une telle charge. Pas de problème, on lui propose une hypothèque à taux ajustables lui permettant de ne débourser pendant deux années que 1.000 $ par mois. La différence est comptabilisée comme hypothèque supplémentaire, adossée en théorie sur la valeur croissante future de la maisonnette en question. Même si cette valeur marchande supplémentaire escomptée était au rendez-vous après 2 ans, il n’était pas évident que la situation financière de Mr Smith lui permettrait de passer à une mensualité de 3.000 $ devenue inévitable à l’issue de ces 2 années.</p>
<p>Les banques et les autres institutions spécialisées, notamment les fameuses Fannie Mae et Freddie Mac fonctionnant avec la garantie implicite du Congrès, donc du contribuable américain, savaient pertinemment que le système était insoutenable à terme.</p>
<p>Mais les banques d’investissement et autres génies financiers de Wall Street avaient trouvé le truc génial pour permettre aux banquiers locaux de se refinancer à bon compte et de se débarrasser en même temps des crédits pourris. En recourant à la technique de titrisation, on assemblait ces hypothèques risquées en nouveaux produits financiers baptisés « subprimes ». Tous ces papiers furent par la suite saucissonnés et revendus sous des emballages de plus en plus sophistiqués.</p>
<p>Les banques prêteuses soldèrent ainsi de leurs créances souvent douteuses sous la forme de véhicules d’investissements dits structurés (les SIV) et d’autres véhicules hors bilan. Pour couronner le tout, ces véhicules regroupant des créances à long terme et de qualité très variable étaient financés par des investisseurs à court terme, chassant le rendement immédiat.</p>
<p>Le nom de « subprimes » indiquait déjà qu’il s’agissait de papiers nullement « prime », nullement de première qualité, mais de papiers se situant quelque part en dessous, et souvent très en dessous de créances fiables. Qu’il s’agissait de « Asset Backed Securities » (ABS), donc en théorie de papiers adossés à des actifs tangibles, ou de « Mortgage Backed Securities » (MBS), des papiers garanties par des hypothèques immobilières, personne ne savait réellement ce que couvraient ces fameux papiers, ni quels risques y étaient attachés.</p>
<p>Les émetteurs de subprimes n’en avaient cure. Ils se séparèrent de leurs créances douteuses en les vendant dans un emballage sophistiqué à travers le monde. Les intermédiaires encaissaient au passage de juteuses commissions tout en laissant les risques auprès des investisseurs attirés par des rendements plus élevés, parce que plus risqués.</p>
<p>Comme le marché a réponse à tout, les investisseurs pouvaient se prémunir contre le risque d’un défaut de paiement en contractant une sorte d’assurance, les désormais fameux « Credit Default Swaps » (CDS). Sur ces dérivés on pouvait également spéculer à souhait.</p>
<p>Cette nouvelle manifestation de  « l’intelligence des marchés » tant acclamé par les hérauts du libéralisme pur et dur, suscita un emballement sans frein du monde financier. Des grandes banques aux fonds de couverture, toute la finance globale participa au jeu de la création et de la distribution de produits financiers de plus en plus complexes et de moins en moins compris par les investisseurs finaux.</p>
<p>Puis il arriva ce qui devait arriver. A partir d’août 2007 les effets du ralentissement du marché immobilier américain se firent de plus en plus sentir. Les prix immobiliers se tassaient, puis se repliaient. De plus en plus d’Américains étaient dans l’impossibilité d’honorer leurs mensualités, qui finissaient par être adaptés au poids réels des hypothèques contractées au fil des ans. La lente remontée des taux d’intérêts décidés par la Federal Reserve pour lutter contre la tendance inflationniste, renforçait la pression sur des millions d’Américains, qui furent forcés de vendre leurs maisons à perte.</p>
<p>Rien qu’en 2008 plus de 1,5 millions d’Américains furent mis en faillite personnelle. Le nombre de maisons saisies, avec expulsion des anciens propriétaires à la clef, monta en flèche. Le stock de maisons invendables augmenta rapidement, de sorte que les engagements sur lesquels étaient basées des millions d’hypothèques n’étaient plus honorés. Tous les nouveaux produits financiers, vendus comme « subprimes » ou dérivés plus sophistiqués encore, qui garnissaient les portefeuilles des acteurs du monde de la finance globalisée et de leur clientèle crédule, devinrent du jour au lendemain suspects et donc invendables.</p>
<p>Comme toujours l’euphorie céda la place à une panique généralisée. En quelques semaines les marchés s’asséchaient, les vendeurs ne trouvant plus d’acheteurs. Suite à cette crise de confiance généralisée les premières fissures apparurent dans le monde de la finance. Des établissements prestigieux étaient menacés de faillite.</p>
<p>Le rapport sur la crise financière remis en septembre 2008 au Président de la République Française résume sobrement les effets de cette bulle « made in USA » : « Les troubles apparus à l’été 2007 sont intervenus après une période de croissance exceptionnelle de distribution de crédit et de recours, pour financer ce crédit, à un levier d’endettement considérable dans le système financier. (…) Les investisseurs se sont montrés de moins en moins vigilants au regard des risques croissants de ces nouveaux produits financiers toujours plus complexes mais néanmoins bien notés… »</p>
<p>La question lancinante que l’on doit se poser suite à ce développement qui s’est propagé comme un feu de brousse à travers la finance globalisée et qui a plongé pratiquement toute l’économie mondiale dans une récession aux conséquences toujours imprévisibles, est bien simple : Comment était-ce possible ???</p>
<p>Comment les autorités nationales et internationales ont-elles pu assister au développement de cette bulle gigantesque, dont l’éclatement était certain, car basée finalement sur le seul espoir d’une croissance illimitée du marché immobilier américain ?</p>
<p>Il est vrai que le même phénomène était à l’œuvre au Royaume Uni, en Espagne et dans d’autres pays confrontés au pourrissement des crédits hypothécaires et d’autres instruments financiers concoctés selon l’exemple américain.</p>
<p>A vrai dire les avertissements ne manquaient pas. Alexandre Lamfalussy et le Comité des Sages, dans un rapport sur le marché des valeurs européennes datant de 2001, avaient souligné le lien dangereux entre l’apparente « efficacité »  accrue de ces  marchés et le prix à payer en matière de stabilité financière. Des économistes de renom s’inquiétèrent de l’insoutenable légèreté des marchés.  Notamment le futur prix Nobel Paul Krugman dénonçait déjà en 1999 dans « The Return of the Depression Economics » « ces fonds de couverture incontrôlés, l’entrée de petits investisseurs mal informés pour jouer gros dans les transactions au jour le jour, l’excès d’offre de crédits à la consommation et l’absence d’épargne qui en résulte » comme sources de désastres potentiels.</p>
<p>Il se trouvait même des capitalistes et spéculateurs chevronnés, tel que Warren Buffet, pour taxer les produits dérivés « d’armes financières de destruction massive ».</p>
<p>Dans un petit ouvrage intitulé « Le capitalisme est en train de s’autodétruire » paru en 2005, Patrick Artus et Marie-Paule Virard  dénoncèrent toutes les dérives d’un capitalisme financier en adoration devant « la déesse shareholdervalue », le mythe savamment entretenu de la possibilité d’une  rentabilité de 15 % sur fonds propres dans un monde où la croissance économique annuelle tournait au mieux autour de 5 %. Pour y arriver les  acteurs de la finance internationale se sont adonnés « à des pratiques de gestion de plus en plus risquées pour faire face à la concurrence acharnée qu’ils se livrent entre eux. (…) Quitte à tous se jeter tête baissée au même moment sur les mêmes ‘actifs’ et à déstabiliser entreprises, marchés et économies. »</p>
<p>Ce qui rend les marchés financiers si dangereux est le mimétisme des acteurs. Comme des moutons, tout le monde suit le Marché avec un grand « M », par définition « intelligent », « rationnel », et cela jusqu’à l’abîme.</p>
<p>En l931 Keynes avait déjà constaté : « Un bon banquier, hélas, n’est pas celui qui prévoit le danger et l’évite, mais celui qui, s’il est ruiné, l’est conformément aux règles et traditions et avec l’ensemble de sa profession, en sorte que personne ne peut rien lui reprocher. »</p>
<p>Avec la « clairvoyance rétrospective » qui caractérise les rapports aux Gouvernements tel que celui cité plus haut, le monde politique dénonce maintenant l’existence d’une « liquidité excessive, une large dérèglementation dans certains domaines, des retours sur fonds propres sans lien avec les rendements de l’économie réelle et des lacunes dans la gestion des risques au sein des banques ».</p>
<p>Mais toutes les tentatives de prévenir les désastres prévisibles et prévus échouèrent. J’avais soumis au Parlement Européen en 2000 un rapport intitulé « Transparence et Responsabilisation, Régulation et Solidarité ». Ces réflexions sur la nécessité d’une nouvelle architecture financière internationale contenaient de nombreuses propositions, qui restent, hélas, d’actualité. J’avais insisté à l’époque qu’il « est impérieux d’améliorer la surveillance des opérations hors bilan : swaps, options, les activités de trading pour compte propre, les lignes de crédit vis-à-vis de fonds spéculatifs et autres trous noirs de la finance internationale. »</p>
<p>Des voix plus autorisées, notamment celle du Forum sur la stabilité monétaire, avaient présenté des conclusions similaires.  En 2005, même un groupe de banquiers d’investissements,  le Counterparty Risk Management Policy Group, présidé par le directeur général de Goldman Sachs, demandait que l’on s’attaque « d’urgence » aux dérivés de crédit et autres instruments complexes et estimait nécessaire un meilleur encadrement de l’activité des hedge funds.</p>
<p>Mais toute les tentatives d’imposer au moins un devoir de transparence aux hedge funds, aux  autres créations orientés essentiellement vers la spéculation pure se heurtaient à la croyance aveugle que le marché trouverait les solutions requises.</p>
<p>Ainsi la Commission Européenne avait mandaté en 2006 deux groupes d’experts qui devaient évaluer l’un l’efficience du marché des fonds coordonnés, l’autre le fonctionnement des fonds d’investissements alternatifs, comme la Commission baptisa pudiquement les hedge funds spéculatifs. Les experts étaient en fait des représentants de l’industrie (Citigroup, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Société Générale). Ils conseillèrent à la Commission de ne toucher que « légèrement » au cadre législatif d’ailleurs pratiquement inexistant, et d’abaisser le seuil des investissements requis afin de  permettre également à de petits investisseurs de participer à la fête spéculative.</p>
<p>A ma question écrite demandant « les renards peuvent-ils être des conseillers en matière de sécurité du poulailler », le Commissaire McCreevy répondit que « l’opinion de la Commission sur les recommandations des experts sur les hedge funds n’était pas encore faite » et annonça la publication prochaine d’un Livre blanc sur la gestion des actifs.</p>
<p>En octobre 2008, la crise avait déjà fait ses premiers ravages, le même McGreevy, parlant devant l’Association britannique des fonds de capital à risque, professa sa foi dans l’autorégulation comme « voie la plus prometteuse pour promouvoir un comportement adéquat » des gestionnaires de fonds. Le même mois Charly McGreevy, parlant devant l’Association européenne du capital-investissement et du capital-risque, réitéra son opposition contre tout activisme législatif suite à la crise : « Il en faudra beaucoup pour me persuader que nous devrions légiférer pour plafonner la capacité des fonds d’investissement à emprunter avec effet de levier », évoquant le « risque réel que les volontés bien intentionnées de corriger les dysfonctionnements du marché se traduisent par une réglementation précipitée, gauche et contre-productive ».</p>
<p>Le Commissaire n’est pas le seul responsable politique en Europe et surtout dans le monde anglo-saxon à préférer « l’autorégulation » préservant  « l’efficience créative des marchés ».  Le malheur veut que l’autorégulation n’ait jamais empêché l’émergence d’une bulle spéculative et son éclatement.</p>
<p>En octobre 2005 l’actuel secrétaire aux finances d’Obama, Timothy Geithner, à l’époque encore à la Federal Reserve de New York, avait engrangé l’accord volontaire de 14 grandes banques  de clarifier et de simplifier le marché souvent opaque de l’industrie des crédits dérivés ». Le résultat de cette « autorégulation » n’a pas laissé de traces.</p>
<p>A l’époque le marché des seuls dérivés de crédit –les Credit Default Swaps-  avait atteint  un volume de 62.000 Milliards de $, chiffre aussi insaisissable qu’incroyable, car dépassant largement le produit annuel brut de toute l’économie mondiale.</p>
<p>La richesse économique mondiale est basée sur la production de biens et de services. Pour se financer l’économie réelle a besoin de capitaux et de crédits. L’économie financière collecte  l’épargne afin de financer l’émission de titres, les actions, obligations et instruments similaires. Emprunts, lignes de crédits, crédits hypothécaires, crédits à la consommation, cartes de crédit contribuent au développement de l’économie réelle.</p>
<p>Selon le FMI l’épargne mondiale avoisinait en 2005 quelque 11.000 milliards de $, soit l’équivalent de 20 % d’un produit mondial brut estimé à 55.000 milliards de $. A la même époque la somme des capitaux financiers s’échangeant à travers la finance globalisée représentait l’équivalent de 15 fois ce produit mondial brut, soit  plus de 800.000 milliards de $. Ces chiffres bruts insaisissables illustrent le divorce croissant entre la création de valeur ajoutée mondiale, l’épargne effective et une sphère financière évoluant dans un univers virtuel où l’on ne vend la plupart du temps que des promesses basées sur du vent.</p>
<p>Cette économie virtuelle s’est développée depuis un quart de siècle en prenant appui sur les produits dérivés. L’économiste François Morin, dans son ouvrage « Le Nouveau Mur de l’Argent » paru en 2006, constate que de plus en plus de produits dérivés sont crées à partir d’autres produits dérivés, dans un processus sans fin et sans contrôles. On les appelle alors « produits structurés ».</p>
<p>Les spéculateurs utilisent les produits structurés pour créer des fluctuations dont ils se nourrissent par la suite. Celui qui négocie un produit dérivé n’est pas obligé de détenir les sous-jacents tangibles dont dérivent ces produits. On peut ainsi se constituer un portefeuille fictif sans détenir une seule action ou obligation.</p>
<p>La beauté de la finance virtuelle est que tout devient possible, tant que la confiance règne. Mais au moindre problème les échafaudages virtuels s’effondrent comme des châteaux de cartes. Comme les investissements réels sont minimes, et comme les effets de levier augmentent avec la prise de risque, les conséquences d’une déconfiture deviennent vite incalculables.</p>
<p>Christian Noyer, Gouverneur de la Banque de France, dans une contribution d’avril 2007 à la Revue de la Stabilité Financière consacrée aux hedge funds, souligne les difficultés de mesurage de l’effet de levier utilisé par ces fonds dits de couverture, suite à l’empilement de différentes strates d’effet de levier. C’est notamment le cas des formes les plus complexes des dérivés de crédit.</p>
<p>Pour illustrer son propos, Christian Noyer donne l’exemple suivant : « Imaginons qu’un montant d’une valeur 100 soit investi dans un fond de fonds. C’est le capital total. Ensuite, le fonds emprunte 200 et investit le capital et l’argent emprunté, soit 300, dans un autre hedge fund. Cet autre fond emprunte encore 300 et investit le total, soit 600, dans une tranche de CDO (collateralized debt obligations) subordonnées, qui fait habituellement l’objet d’un levier de facteur 10. Globalement, l’exposition totale du fonds est de 6.000 mais avec un capital à 100, soit un effet de levier de 60 fois le capital ! Avec une telle pyramide d’endettement une baisse de 2 % de la valeur des actifs suffit à effacer la totalité du capital initial ! »</p>
<p>Avec une baisse moyenne de plus de 30 % de la capitalisation boursière mondiale intervenue sur un an, on comprend mieux les ravages intervenus dans le monde de la finance depuis le début de la crise.</p>
<p>Le naufrage du fonds LTCM en 1998 aurait dû servir d’exemple. Ce fonds, qui comptait deux prix Nobel d’Economie parmi ses fondateurs, disposait en début d’année de 4,8 milliards de $ de fonds propres pour des engagements à hauteur de 120 milliards de $, soit un levier de 25. Le 23 septembre 1998, l’actif net de LTCM s’était réduit à 600 millions de $, face à des engagements de quelque 100 milliards de $, soit un levier de 167. Le sauvetage de LTCM – sans pénalités ni sanctions pour les directeurs du fonds –  évita à l’époque une réaction en chaîne néfaste pour l’économie réelle.</p>
<p>Nous touchons là le problème cardinal du monde de la finance globalisée, le « moral hazard ».</p>
<p>Paul Krugman donne la définition suivante de l’aléa moral : « Toute situation dans laquelle une personne prend une décision quant à l’importance du risque à courir, tandis que quelqu’un d’autre en supporte le coût lorsque les choses tournent mal. »</p>
<p>Ce quelqu’un d’autre, c’est en fin de compte toujours le contribuable, le citoyen de base.</p>
<p>Selon Joseph Stiglitz les milieux financiers soutiennent généralement que « dans des conditions normales les marchés fonctionnent parfaitement ou du moins suffisamment bien pour que le Gouvernement ne doive pas intervenir », alors qu’en cas de crise les mêmes milieux exigent « des interventions gouvernementales fortes ».</p>
<p>Après la privatisation des bénéfices vient la socialisation des pertes.</p>
<p>Après deux décennies de triomphe du monétarisme et de marchés dits libres, le monde redécouvre l’interventionnisme keynésien si longtemps décrié. Même Washington et Londres, ces citadelles du capitalisme à l’anglo-saxonne, ont recours à des nationalisations ou quasi nationalisations de pans entiers de leur industrie financière.</p>
<p>Dans son «La Crise, et après », publié fin 2008 et réactualisé en 2009, Jacques Attali en fait le reportage chronologique. Je n’entends pas passer en revue cet interventionnisme étatique aux frais des contribuables de part et d’autre de l’Atlantique, sauf pour souligner que le sauvetage public de la spéculation privée est une illustration cinglante du « moral hazard ».</p>
<p>Pendant des années le petit et le grand monde de la finance internationale ont pris des risques de plus en plus fol, créant des produits de plus en plus hasardeux, car de plus en plus déconnectés des réalités économiques.</p>
<p>Tout un chacun connaissait l’envergure des risques, mais personne ne voulait voir venir la crise inéluctable. Car les mêmes acteurs, professant haut et fort « l’intelligence des marchés », avaient la conviction intime qu’ils pouvaient compter en cas de pépin sur les pompiers publics, les Banques Centrales et les Gouvernements.</p>
<p>Nous en avons une démonstration « a contrario » par l’affaire Lehman Brothers.</p>
<p>Après que l’administration Bush et le secrétaire au trésor Henk Paulson ont dû sauver avec de l’argent public non seulement Freddie Mac et Fannie Mae, mais également l’assureur AIG et la banque d’investissement Bear Stearns, le tour était venu de secourir ce fleuron capitaliste qu’était Lehman Brothers. Paulson voulait impliquer le secteur privé dans le sauvetage et tenta d’organiser la reprise des activités essentielles de Lehman par Barclays et Bank of America.</p>
<p>Mais dans la partie de poker organisée entre Wall Street et Washington autour des modalités de sauvetage de Lehman, le lundi 15 septembre 2008, après des tractations ayant duré tout le weekend, la communauté bancaire refusait de s’engager. Pour Wall Street, Lehman Brothers était « too big to fail », et la haute finance New Yorkaise était persuadée que Washington finirait par payer, comme ce fut fait pour AIG, Bear Stearns et beaucoup d’autres.</p>
<p>Paulson ne céda pas.  Lehman Brothers était condamné à engager la procédure menant à la faillite et à la disparition définitive d’une des plus grandes banques d’affaires du monde.</p>
<p>Pour une fois, le « moral hazard » ne joua pas. Mais le non-sauvetage de Lehman fut ressenti comme une gifle immense par la finance internationale : Quoi, une grande banque risque la faillite comme un vulgaire épicier ?</p>
<p>La crise, larvée depuis août 2007, s’est muté immédiatement en tsunami et faillit « entrainer en quelques jours le système financier mondial au bord du gouffre » (Jacques Attali). Les grandes banques internationales, qui étaient toutes en affaires avec Lehman, étaient incapables de juger comment elles seraient affectées par cette déconfiture totale. En réaction elles arrêtaient toute activité de prêt. « Le marché monétaire se fige. Le marché interbancaire disparaît » rapporte Attali. La crise de liquidité se propage immédiatement en Europe et en Asie. Les premiers hedge funds capitulent, nombre d’intermédiaires financiers implosent faute de liquidités. Les bourses mondiales, déjà malmenées depuis des mois plongent. De plus en plus de banques vacillent.</p>
<p>Devant la menace d’une réaction en chaîne incontrôlable, partout, non seulement à Washington, également à Londres, à Berlin, à Paris, dans les pays du Benelux et ailleurs, des opérations de sauvetage sont organisés par les pouvoirs publics.</p>
<p>Les Banques Centrales, déjà bien actives dans leur rôle de prêteur final, multiplient les opérations de refinancement et créent continuellement de nouvelles liquidités pour un marché atone.</p>
<p>La faillite de Lehman Brothers n’est toujours pas soldée, ni pour ses implications directes, ni surtout pour ses implications indirectes suite à la non-observation du principe « too big to fail », qui constitue le fondement de l’aléa moral.</p>
<p>Le monde restera-t-il donc à la merci de la cupidité de certains financiers, qui, assurés du sauvetage public, prennent des risques inconsidérés ? Cette prise de risque leur procure des bonus dorés, tout en laissant aux contribuables et aux salariés de l’économie réelle l’obligation de payer les pots cassés !</p>
<p>Le monde politique jure que non. Comme d’habitude l’Union Européenne veut donner l’exemple. Lors du sommet du 7 septembre 2008 les Chefs, sous la houlette du président Sarkozy, s’engagèrent pour une refondation du système financier international. Les principes arrêtés se lisent comme un catalogue des manquements du passé, à commencer le premier d’entre eux : « Aucune institution financière, aucun segment du marché, aucune juridiction ne doit échapper à la régulation ou à la supervision. »</p>
<p>Cela ressemble étrangement aux conclusions non suivis d’effets du Forum sur la stabilité financière de 2001.</p>
<p>Plus nouveau est par contre l’objectif  de soumettre à révision les « dispositifs qui incitent à une prise de risque excessive (…), en particulier les modalités de titrisation des créances et la définition des politiques de rémunération ».</p>
<p>Les débuts en fanfare pour reformer la finance globale commencent déjà à s’estomper. La France, qui présida au second semestre de 2008 l’Union Européenne, chercha avec raison d’associer les principaux centres financiers et les pays émergents les plus représentatifs à la définition d’une nouvelle architecture financière internationale.</p>
<p>Ce fut la création du G20, qui se réunit une première fois fin 2008 à Washington, puis en avril dernier à Londres. Le problème est que la seule légitimité de cette création ad hoc est de représenter les trois quarts de la population mondiale, même si certains des  Gouvernements conviés sont loin d’être issus d’un processus démocratique irréprochable.</p>
<p>Plus douteux encore est le fonctionnement du G20 en marge du système onusien. Avec la multiplication des G4, G7, G8 et autres G20, on quitte le monde du droit international pour des sommets à géométrie variable de « grandes puissances » plus soucieuses de préserver leurs intérêts propres que de servir le multilatérisme.</p>
<p>On l’a bien vu lors du G20 à Londres, où Américains, Chinois, Britanniques et Français ont eu comme seul souci de lutter contre les centres off-shore et le secret bancaire, en établissant une liste grise de « paradis fiscaux », dont furent exemptés d’office certaines dépendances britanniques ou américaines, notamment certains Etats de l’Union, qui comme le Deleware, le Nevada ou le Wyoming ont des pratiques fiscales douteuses, ou encore des places financières très discrètes comme Hongkong et Macau.</p>
<p>D’un point de vue juridique pur les « décisions » de Londres sont étonnantes. En lieu et place de l’OCDE, qui a ses propres structures de décision, les grandes puissances somment les « juridictions non coopératives » à appliquer les normes de l’OCDE en matière de coopération administrative, tout en s’auto-exemptant. Comme le remarqua Jacques Attali, on a concentré le droit de spéculer et de frauder à la City et à Wall Street, renforçant ainsi l’emprise du pouvoir anglo-saxon sur le monde de la finance.</p>
<p>Car il ne faut pas se leurrer. Si certains centres offshores acceptent de couvrir des pratiques plus que douteuses, s’il faut indéniablement lutter contre les trous noirs de la finance internationale et imposer transparence et régulation à tous les segments du marché financiers et à toutes les juridictions, il faut reconnaître que la crise actuelle n’est pas partie d’îles exotiques, mais bel et bien des centres financiers réputés et supposés bien régulés qui sont New York et Londres.</p>
<p>Si le Monde veut s’éviter ces crises financières à répétition, toujours soldées sur le dos de l’économie réelle et du citoyen lambda, il faut bien davantage que ces premières « décisions » du G20. Ce dernier a escamoté tous les problèmes liés à la spéculation non seulement sur les marchés financiers, mais également sur celui des matières premières, dont l’humanité a subi dernièrement les conséquences néfastes, que ce soit la surchauffe du marché pétrolier en 2008 ou encore celui des principales denrées alimentaires à la même époque.</p>
<p>Il en est ainsi des pratiques dites du « naked short selling », la vente à perte de biens qu’on ne possède même cas, pour influencer ainsi les cours et gagner à la baisse. Interdits pendant quelques mois  suite à la faillite Lehman, la vente à découvert est de nouveau admise.</p>
<p>Ces pratiques et bien d’autres influencent le prix du pétrole, du blé et d’autres matières premières indispensables aux humains, et cela  indépendamment de la réalité de l’offre et de la demande sur ces marchés.</p>
<p>Le 2 janvier 2008 un dénommé Richard Arens, courtier au NYMEX, le marché New Yorkais des matières premières, offrit 100.000 dollars pour un lot de 1.000 barils de pétrole. Pour la première fois le prix du baril atteignait 100 dollars. Pour cette transaction, le courtier avait déboursé 5.000 dollars. Il a de suite revendu son lot, acceptant une perte de quelque 800 dollars. Perte légère qu&#8217;il a dignement fêté avec ses collègues pour avoir franchi en premier la barrière psychologique des 100 dollars pour un baril de pétrole.</p>
<p>Dans les mois qui suivirent, les traders de New York ont souvent fêté des records. Le 4 juillet 2008,  le prix du baril atteignit un sommet de 148 dollars. Même si le prix du pétrole a reflué depuis, le mal est fait. La flambée des prix du pétrole fut accompagnée par une orgie spéculative sur pratiquement toutes les matières premières, y compris sur les denrées alimentaires.</p>
<p>L&#8217;économie mondiale ne pourra pas se passer des marchés, ni des bourses. Mais il est inacceptable que le monde de la finance organise des paris fous dignes des jeux de casino. Avec un levier de seulement 5.000 dollars, le trader de New York a pu mettre en marche une vague spéculative qui a laissé des traces sanglantes dans l&#8217;économie mondiale.</p>
<p>En moyenne 60 % des opérations sur le pétrole sont fictives, les traders achètent  et  vendent du pétrole qui n’est pas encore sorti d’un puits.  Ces « futures », ces contrats à terme ont leur utilité en permettant à l’industrie de se prémunir contre des fluctuations de prix trop importantes, et à tester les tendances futures du marché.</p>
<p>Néanmoins, il s’agit trop souvent de spéculation pure. Parfois un trader pense avoir trouvé la martingale. Ainsi un trader du hedge fund Amaranth avait parié en 2005 sur des prix de gaz naturel élevés. Le cyclone Catherina, en dévastant la Nouvelle Orléans et en perturbant l’approvisionnement gazier de la région, est venu à sa rescousse. Il a gagné 800 millions de $. Le même trader, confiant dans le réchauffement global, prit en 2006 des positions haussières  sur le gaz encore plus importantes. Cette année les tempêtes tropicales soufflaient peu et Amaranth perdit 6 milliards de $.</p>
<p>Aux débuts de l’industrie des fonds spéculatifs ces derniers opérèrent avec l’argent d’investisseurs avertis, qui pouvaient encaisser des pertes. Ces dernières années de plus en plus de fonds de pension et de fonds d’investissements travaillant avec l’épargne de M. ou Mme Toutlemonde, se sont mis à la spéculation pure en investissant dans les hedge funds.</p>
<p>Aux Etats Unis, mais également en Grande Bretagne, en Suède ou aux Pays Bas, où les retraites relèvent essentiellement de fonds de pensions  basés sur la capitalisation, le réveil est brutal.</p>
<p>Le G20, s’il veut réellement s’attaquer aux maux essentiels de la finance globale, devrait interdire ou du moins encadrer certaines pratiques malsaines, comme les ventes à découvert, le naked short selling, l’asset stripping et toutes ces techniques inventives, car permettant de jouer gros avec peu de moyens.</p>
<p>Pour revenir à la construction imaginée plus haut par Christian Noyer, un fonds, avec une mise initiale de 100 millions de $, peut prendre des positions spéculatives sur le marché du pétrole ou du blé allant jusqu’à 6 milliards de dollars. Comme une baisse des cours inopinée de seulement 2 % suffit pour effacer tout le capital initial, on peut s’imaginer les conséquences sur un marché comme celui du pétrole, où le coût du baril de brut oscilla sur 12 mois entre 40 et 150 $.</p>
<p>Comme la spéculation sur le marché des subprimes est finie pour cause de catastrophe financière, les grands survivants de la finance internationale se lancent maintenant avec toute leur force de frappe dans les paris sur les matières premières. Ainsi JPMorgan et BNPParisbas ont crées de nouveaux « véhicules », les « commodity indices ». En utilisant des superordinateurs capables d’exécuter des milliers d’opérations de trading par seconde, les ordres dites « flash », ils exploitent les moindres variations des cours et peuvent bien sûr les orienter. 400 des 20.000 sociétés de trading américaines ont déjà accaparés quelque 45 % des ordres passées chaque jour, faisant ainsi la pluie et le beau temps pour le prix du pain, de la viande, du café, du chocolat et bien sûr des carburants que nous consommons.</p>
<p>La seule division « commodities » de Goldman Sachs a ainsi engrangé 6,8 milliards de $ de bénéfices rien qu’au 2<sup>e</sup> semestre de cette année. D’autres grandes banques, comme BNP Paribas, après avoir engrangé les aides des Gouvernements français, belge et luxembourgeois, se refont une santé sur les marchés hautement spéculatifs, et recommencent à distribuer des primes mirifiques à leurs traders.</p>
<p>Il va sans dire que les mêmes banques viennent d’engager des opérations de lobbying féroces notamment à Washington, Londres et Bruxelles,  pour empêcher toute législation limitant la  « liberté d’entreprendre ». Ainsi les propositions encore bien timides de la Commission en matière de régulation des marchés sont déjà contestées par la City et donc le Gouvernement de Sa Majesté.</p>
<p>L’humanité restera-t-elle donc à la merci d’une sphère financière incontrôlable et ingouvernable, qui sous prétexte de liberté d’entreprendre accumule les prises de risque servant la cupidité des financiers, mais laisse à la société la responsabilité d’assumer le coût du sauvetage ?</p>
<p>Dans une édition récente le magazine allemand « Der Spiegel » cite un banquier qui résume l’évolution du capitalisme financier dans un raccourci saisissant : &lt;Au début les banques se sont servis sur l’argent de leurs clients. Puis elles ont consommé l’argent de leurs actionnaires. Maintenant elles puisent dans le plus vaste des réservoirs : l’argent du contribuable&gt;.</p>
<p>C’est inacceptable.  Je suis de ceux qui pensent qu’il n’y pas d’alternative à l’économie de marché. Mais le marché n’est ni infaillible, ni juste. Il n’évolue que dans le présent et est incapable d’anticiper l’avenir. Le marché reste la rencontre du hasard et de la nécessité. Sans règles, c’est la jungle.</p>
<p>Au Parlement Européen il semble exister une majorité désireuse de tirer des enseignements définitifs de la crise. Nous allons nous battre pour obliger les Gouvernements d’établir sur le plan international un ensemble de règles pour toute la galaxie financière. Aucune zone d’ombre ne doit être tolérée. Le secteur privé doit assumer le coût de ses erreurs, y compris sur les deniers personnels des dirigeants si grassement rémunérés pour des responsabilités qu’ils n’ont jamais assumés jusqu’à présent.</p>
<p>Transparence et responsabilisation doivent être à la base de la bonne gouvernance du monde financier.</p>
<p><em>Conférence à l&#8217;Université de Santander le 26 août 2009.</em></p>
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		<title>Débat prioritaire sur la préparation du Conseil européen</title>
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		<pubDate>Tue, 05 May 2009 11:14:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Goebbels</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;économie mondiale s&#8217;enfonce de plus en plus dans une récession profonde. Malgré de nombreux sommets et autres réunions à géométrie variable, la chute de l&#8217;activité économique reste très importante en Europe et dans le monde. Les différents plans de relance économique ont au mieux freiné cette descente aux enfers. La relance ne se fait pas encore sentir. Ce qui est pire, le chômage continue d&#8217;augmenter. L&#8217;Europe va dépasser 25 millions, peut être 27 millions de chômeurs cette année. Mais au lieu de se focaliser sur la situation dramatique de l&#8217;emploi, les chefs d&#8217;Etat et de gouvernement préfèrent s&#8217;occuper lors du prochain sommet de Prague de la &#8220;Grande politique&#8221;, des futures relations avec certains pays situés à la frontière orientale de l&#8217;Union.</p>
<p>Les relations de bon voisinage sont bien sûr importantes. Mais il faut être clair. Le Parlement européen s&#8217;est prononcé à diverses reprises contre tout élargissement futur de l&#8217;Union, à moins qu&#8217;il n&#8217;y ait au préalable une réforme institutionnelle permettant aux 27 de mieux fonctionner. J&#8217;ajoute que tout futur élargissement doit être précédé d&#8217;une réforme profonde des perspectives financières et d&#8217;une augmentation adéquate du budget de l&#8217;Union.<span id="more-119"></span></p>
<p>La diplomatie sans moyens financiers n&#8217;est finalement qu&#8217;une gesticulation inutile.</p>
<p>La présidence tchèque de l&#8217;Union aurait mieux servi les ambitions européennes en organisant un vrai sommet pour l&#8217;emploi. Je sais que ce sommet réellement nécessaire fut en fait saboté par les Sarkozys, qui préfèrent les effets d&#8217;annonce au travail politique concret.</p>
<p>J&#8217;espère que les électeurs européens utiliseront en juin prochain leur bulletin de vote pour élire des députés qui sauront fixer les vraies priorités pour l&#8217;Europe : l&#8217;emploi, l&#8217;emploi, l&#8217;emploi, la protection sociale, la défense du pouvoir d&#8217;achat.</p>
<p>Je ne suis pas toujours d&#8217;accord avec mon premier Ministre, Jean-Claude Juncker. Mais ce dernier a certainement raison lorsqu&#8217;il pronostique &#8220;une crise sociale&#8221; en cas de la forte hausse du chômage attendue pour les mois à venir.</p>
<p>Or le fait de se limiter à une réunion informelle autour de la problématique de l&#8217;emploi démontre que les leaders européens ont abdiqué devant la crise et qu&#8217;ils prennent le risque d&#8217;une grave crise sociale et politique.</p>
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