Le Parlement s’apprĂŞte Ă adopter des règles gouvernant la finance internationale. Elles seront insuffisantes, car manifestement la volontĂ© politique n’existe pas, ni en Europe, ni aux Etats-Unis, pour Ă©liminer les dĂ©rives de la spĂ©culation pure, comme par exemple le “naked short selling”, la vente de produits qu’on ne possède mĂŞme pas.
La crise financière internationale n’est pas nĂ©e dans les Ă®les. Elle est nĂ©e aux Etats-Unis. Elle s’est propagĂ©e Ă travers la City aux autres grands centres financiers. Tous ces centres Ă©taient supposĂ©s bien rĂ©glementĂ©es. Le G-20 a nĂ©anmoins trouvĂ© les coupables idĂ©als, les paradis fiscaux, les vrais et les faux.
Dans mon rapport pour le Parlement europĂ©en sur la rĂ©forme de l’architecture internationale, j’avais dĂ©jĂ prĂ©conisĂ© en 2000 l’Ă©limination de tous les trous noirs de la finance internationale, Ă commencer par les hedge funds et des autres fonds purement spĂ©culatifs. Le G-20 n’entend rĂ©guler que les fonds spĂ©culatifs prĂ©sentant un “risque systĂ©mique”. Le risque systĂ©mique se constate par après, quand la crise s’est dĂ©chaĂ®nĂ©e. En rĂ©alitĂ©, les Grands du G-20 ont mĂ©nagĂ©s leurs propres centres “offshores”, les Channel Islands, les Virgin Islands, Hongkong, Macao, pour ne pas parler des centres “on shore” comme le Delaware.
Comme l’a dit Jacques Attali, Ă l’avenir “le monopole de la spĂ©culation sera rĂ©servĂ© Ă Londres et Ă New York”. Le message est clair. La finance internationale sera rĂ©gulĂ©e au seul profit des grands pays. All pigs are equal, but some pigs are more equal.
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