Intervention

Le Parlement européen a voté cette semaine un règlement sur l’intégrité et la transparence du marché de gros de l’énergie (REMIT). De nouvelles règles sont destinées à mettre fin aux pratiques abusives sur le marché de l’énergie de gros et à protéger ainsi le consommateur final.

Si dessous le discours de Robert Goebbels, rapporteur de la commission économique et monétaire (ECON )

Monsieur le Président, soixante secondes pour défendre les intérêts des consommateurs face aux abus du marché de l’énergie, c’est peu. Le texte que nous allons voter est un compromis entre les deux branches législatives et, comme d’habitude, le Conseil a été moins ambitieux que le Parlement européen. On dit souvent que les lobbyistes ont une trop grande influence sur le Parlement européen mais je constate, pour ma part, que les lobbies nationaux semblent dormir dans les ministères.

J’avais personnellement plaidé pour la plus grande vigilance face aux tentatives d’abus de marché et aux délits d’initié. Je n’aime pas trop que le texte que nous allons voter accepte – je cite – “des pratiques de marché admises sur le marché de gros de l’énergie”. Certaines pratiques douteuses devraient être éliminées.

J’aurais aussi vraiment préféré des sanctions plus musclées, notamment au niveau européen, et non pas uniquement des sanctions “effectives, proportionnées et dissuasives”. L’expérience nous dira si les sanctions, qui resteront nationales, seront suffisantes.

Je termine, Monsieur le Président, en soulignant que l’agence ACER nouvellement crée non pas “devrait être dotée de ressources humaines et financières appropriées”, comme il est dit dans le texte, mais “devra être dotée” de ces mêmes ressources humaines et financières.”

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Lors du débat sur le rapport “Langen” sur les produits dérivés négociés de gré à gré, contreparties centrales et référentiels centraux, Robert Goebbels est intervenu:

Mr President, in one minute may I just quote from the report of the US Financial Crisis Inquiry Commission on OTC derivatives.

The biggest financial institutions drove the market and over-the-counter derivatives after these instruments were fully deregulated in 2000. In the wake of that action, the market for these derivatives spiralled out of control and out of sight, growing to USD 673 trillion in notional amount by 2008. We concluded that over-the-counter derivatives contributed significantly to the crisis. The report explains the unlimited leverage, the lack of transparency, the lack of capital requirements, and the concentrations of risk that proved so disastrous. It also lays out how credit derivatives fuelled mortgage securitization and amplified losses from the collapse of the housing bubble. After that collapse, derivatives were in the center of the storm. Millions of derivatives of all types between systemically important financial firms were unseen and unknown when the financial system nearly collapsed. The obligations hidden from view added to the market uncertainty and escalated the panic we saw in the fall of 2008, leading to government rescues of financial firms.”

There is a need to regulate there is a need for transparency. We congratulate Werner Langen and we will follow.

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Robert Goebbels est intervenu lors du débat sur le rapport ”Canfin” au sujet des ventes à découvert et certains aspects de CDS: ”Monsieur le Président, je suis en total accord avec mes collègues Canfin, Lehne et Ferber car, selon moi, pour éviter une nouvelle crise financière, il faut renforcer l’encadrement réglementaire des marchés.

Il faut notamment interdire toutes les pratiques abusives. Parmi celles-ci, la vente à découvert est particulièrement nuisible. Bear Stearns et Lehman Brothers furent acculés à la faillite par des ventes à découvert des actions de ces deux fleurons du capitalisme de Wall Street.

Les naked CDS sont plus abusifs encore. Warren Buffett les a qualifiés d’armes de destruction massive. En théorie, un CDS est une assurance contre une possibilité de perte sur un titre financier. Mais les naked CDS offrent la possibilité de s’assurer contre un risque qu’on ne détient pas. C’est de la spéculation toxique et dangereuse pour l’économie réelle.

Actuellement, certains acteurs des marchés parient sur l’éclatement de l’Eurozone et le défaut d’un État. En achetant des CDS nus sur la dette souveraine de certains États, ils ne font qu’amplifier la pression spéculatrice contre les États concernés. Il est étrange que certains États – la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Espagne, la Roumanie et d’autres – ne veulent pas d’une interdiction des CDS nus sur la dette souveraine. Ils croient aux sirènes des marchés qui annoncent une plus grande volatilité sur le marché de la dette souveraine en cas d’interdiction des CDS nus. Que ces gouvernements expliquent à leurs opinions publiques qu’ils préfèrent se soumettre à la spéculation folle plutôt que de s’aliéner les sacro-saints marchés financiers.

Wolfgang Münchau, éditorialiste du Financial Times, qui est loin d’être un gauchiste, écrit ce qui suit: ‘A naked CDS purchase means that you take out insurance on bonds without actually owning them. It is a purely speculative gamble. There is not one social or economic benefit. Even hardened speculators agree on this point. Especially because naked CDSs constitute a large part of all CDS transactions, the case for banning them is about as a strong as that for banning bank robberies.

“A universally accepted aspect of insurance regulation is that you can only insure what you actually own. Insurance is not meant as a gamble, but an instrument to allow the buyer to reduce incalculable risks. Not even the most libertarian extremist would accept that you could take out insurance on your neighbour’s house or the life of your boss.” Therefore it is absolutely necessary that we reach an agreement with the Council, especially on banning naked CDSs.

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Der luxemburgische sozialistische Europaabgeordnete, Robert Goebbels, nahm letzten Freitag am Seminar “Europäische Wirtschaftsregierung, Die Rolle des Europäischen Parlaments in den Verhandlungen mit dem Rat und der Kommission” der Wirtschaftsuniversität Wien teil.

In der Finanzwelt, in den Medien wird viel Gezeter über den angeblich unaufhaltbaren Niedergang des Euro veranstaltet, zirkulieren Gerüchte über den bevorstehen Zusammenbruch des Euro-Raumes. Dabei ist Europa nicht mit einer Währungs-, sondern mit einer Schuldenkrise konfrontiert. Diese ist nicht durch die Aufteilung des Euro-Raums oder die Insolvenz einzelner Euro-Staaten zu lösen.

Seit seiner Einführung wird der Euro von der anglo-amerikanischen Finanzpresse bekämpft, in Deutschland und Österreich als „Teuro“ verunglimpft. Als ob der Schilling die Ereignisse des letzten Jahrzehnts ohne Beulen und ohne Inflation überstanden hätte.

Tatsache ist jedoch, dass seit 2001 die Inflation im Euro-Raum immer niedriger war, als beispielsweise in den USA oder Großbritannien.

Tatsache ist ebenfalls, dass die Kaufkraft des Euro stärker ist als diejenige des Dollars.

Der Euro ist international gut etabliert und gewinnt langsam aber sicher Marktanteile gegenüber dem Dollar als Reservewährung oder bei Obligationsemissionen.

Weil der Euro großen Zuspruch kennt, profitierten besonders die Euro-Länder, welche vorher schwache Währungen hatten, von viel niedrigeren Zinsen für ihre Staatsanleihen. Es ist außer Frage, dass in der Folge einige Länder haushaltspolitisch leichtsinniger wurden. Zudem förderte der starke Euro in einigen Ländern Immobilienblasen. (…)

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Invité la semaine passée à la Représentation Permanente du Luxembourg auprès de l’Union européenne à Bruxelles, Robert Goebbels a retracé le contexte historique et les étapes qui ont conduit à la signature des accords de Schengen.
Schengen est le produit du « hasard et de la nécessité », pour emprunter le titre d’un livre important du biologiste Jacques  Monod.

La libre circulation des citoyens était dans l’air du temps des années 80. Au Parlement Européen un député allemand, Dieter Rogala, se promenait toujours muni d’une barrière douanière miniature symboliquement ouverte. Un groupe de députés de tous bords avait créé le « Kangaroo Club », estimant que cet animal des grands espaces australiens devrait montrer aux Européens comment sauter les barrières intérieures.

Jacques Delors, devenu président de la Commission en 85, élaborait son grand dessein du Marché Intérieur, avec comme idée maîtresse la réalisation des quatre libertés : la libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des travailleurs pour 1992. (…)

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L’Euro connaît des problèmes. Mais quelle devise convertible n’en connaît pas après la crise systémique engendrée par la finance folle ?

L’endettement des Etats est un problème grave. Toutefois l’accroissement des déficits publics résulte du sauvetage public de banques privées. En sus il fallait relancer la machine économique. La crise financière s’est rapidement propagée à l’économie réelle, suscitant une forte baisse des activités et un emballement du chômage.

Le monde de la finance folle n’a apparemment pas tiré de leçons de la crise. Les survivants de Wall Street et de la City spéculent  sur les marchés monétaires, vendent à la baisse des CDS qu’ils ne détiennent même pas. Ils font monter les taux des emprunts des Etats suspectés d’une éventuelle défaillance, en leur imposant indirectement des politiques d’austérité qui rendront leur redressement encore plus difficile.

La solidarité européenne s’organise péniblement, parcimonieusement.

Le sauvetage de la Grèce signifie d’abord le sauvetage de banques françaises, allemandes détenant un important portefeuille de créances grecques. Le soutien à l’Irlande est avant tout un sauvetage de banques britanniques et allemandes, qui pâtiraient profondément d’une défaillance des banques irlandaises.

Le fait que le taux de l’Euro reste volatil n’est pas un indice de faiblesse de la monnaie commune. C’est le reflet de la nervosité des marchés face à une guerre monétaire entre Américains et Chinois. Depuis le début de l’année la Chine n’emprunte plus en dollar, mais en vend. (…)

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Après l’éclatement de la crise le Sommet européen, puis le G-20 appelèrent à la régulation de tous les segments du marché financier, dont les Hedge Funds.

La Commission a rapidement fait des propositions. Mais un lobbying d’une rare intensité a suscité des réticences à réguler chez certains décideurs politiques.

La Grande-Bretagne s’est érigée en protecteur des Hedge funds localisés dans les îles, proches ou lointaines. La France, championne autoproclamée de la régulation internationale, retomba dans son protectionnisme habituel.

Au Parlement, ce furent surtout les libéraux qui tentèrent de s’opposer à cette législation. Le Groupe de M. Verhofstadt, d’ordinaire si pro-européen, proposa de rejeter en totalité la proposition de la Commission!

Grâce au rapporteur Jean-Paul Gauzès, grâce à la coalition PPE-S&D-Verts et même GUE au niveau de la Commission ECON, une position majoritaire conséquente fut ficelée.

21 trilogues plus tard, les négociateurs du Parlement aboutirent à une proposition de directive, constituant une avancée notable, surtout à moyen terme.

Car il faudra attendre 2018 pour aboutir à un marché intérieur imposant les mêmes devoirs, les mêmes obligations, mais conférant aussi les mêmes droits à tous les fonds.

La régulation européenne se mettra en place dès 2013. Il y aura une montée en puissance du régulateur européen ESMA, auquel la directive apportera pas moins de 72 pouvoirs d’intervention et de surveillance. (…)

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L’Europe va mal. Le monde ne va pas mieux.

Tout à l’heure, le représentant du Conseil a souligné que la globalisation exige d’agir au niveau européen et au niveau international.

Mais en observant ce qui se passe dans l’Union européenne, voire au niveau international, force est de constater que ce sont justement des actions concrètes qui font défaut.

De sommet en sommet, les grands et les moins grands qui prétendent nous gouverner, mettent en scène leurs grands égos, se gargarisent de mots pompeux, alors que la principale conclusion de chaque sommet est de se réunir à nouveau.

D’ailleurs, la soi-disante “gouvernance mondiale” que veut incarner le G-20 n’a aucun fondement dans le droit international, et fonctionne en dehors du système des Nations Unies. (…)

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Photos: Photo Parlement européen et Robert Goebbels