Il faut bien sĂ»r se rĂ©jouir du retour chez les siens du soldat Gilad Shalit, retenu pendant plus de cinq ans comme otage par un groupe islamiste proche du Hamas. Aucune prise d’otage n’est justifiable. Le long  calvaire du soldat israĂ©lien n’Ă©tait pas Ă la gloire de ses geĂ´liers. NĂ©anmoins il faut s’Ă©tonner des proportions prises par cette affaire.
Il y a des milliers d’otages retenus prisonniers dans beaucoup de pays dont on ne parle pratiquement jamais. Les mĂ©dias occidentaux sont très sĂ©lectifs dans leur engouement pour dĂ©fendre la cause de tel ou tel otage. Il en fut ainsi avec Gilad Shalit. Son long kidnapping alerta rĂ©gulièrement l’opinion publique internationale comme preuve probante de l’absence d’humanitĂ© des Palestiniens, et notamment du Hamas, sa frange la plus radicale.
Le retour de Shalit fit de nouveau les grands titres de la presse occidentale. Peu de journaux se sont Ă©tonnĂ©s du fait que l’Ă©change du soldat perdu d’IsraĂ«l se fasse contre 1.027 prisonniers, 477 immĂ©diatement et 550 dans quelques semaines. Comme si les Palestiniens emprisonnĂ©s n’avaient pas de vie brisĂ©e, pas de femmes et d’enfants qui les attendent anxieusement depuis des annĂ©es. A l’encontre d’une opinion bien ancrĂ©e par les mĂ©dias amĂ©ricains et europĂ©ens, seulement une minoritĂ© des prisonniers libĂ©rĂ©s Ă©taient des „terroristes” jugĂ©s par les tribunaux israĂ©liens. Beaucoup de prisonniers Ă©taient, voire restent dĂ©tenus sans jugement, uniquement sur base d’une dĂ©cision administrative. (…)







